. Merci à Thierry Le Peut (http://arretsurseries.chez.tiscali.fr/), et à http://www.lequotidienducinema.com/ pour les informations suivantes
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Lorsqu'il s'agit de donner forme à son idée, Quinn Martin s'adressa à un scénariste ayant déjà travaillé sur Le Fugitif, Edward G. Hume, qui allait adapter également un an plus tard un roman de Carolyn Weston et en faire Les Rues de San Francisco, autre production QM de renom, mettant en scène un tandem intergénérationnel interprété par Karl Malden et Michael Douglas. Dans le téléfilm inaugural de la série, diffusé le 26 mars 1971 sur CBS, Cannon enquête dans une petite ville du Nouveau Mexique afin d'aider la veuve d'un vieil ami, une situation et une ambiance que le détective retrouvera fréquemment au cours de la série. On y croise déjà l'actrice Vera Miles (partenaire de Henry Fonda dans Le Faux coupable d'Alfred Hitchcock), qui fera d'autres apparitions dans la série, et quelques acteurs de référence de la télévision, vus et revus dans de multiples programmes, depuis Barry Sullivan (Les Rues de San Francisco, Hawaii Police d'Etat) et J.D. Cannon (Les Envahisseurs, McCloud) jusqu'à Earl Holliman (partenaire d'Angie Dickinson dans Sergent Anderson) et Keenan Wynn (le deuxième Digger de Dallas).
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Si les histoires de Cannon sont souvent assez classiques, emmenant le héros dans des milieux aussi divers que le monde du rodéo, de la musique country, des assurances, des motards et autres vedettes de cinéma, elles sont également rondement menées, non sans quelques longueurs parfois mais avec une efficacité certaine. Comme le pilote, chaque épisode ou presque est l'occasion de croiser de jeunes comédiens appelés à une carrière de premier plan à la télévision ou au cinéma. Ainsi Mark Hamill, le futur Luke Skywalker de La Guerre des Etoiles, apparaît-il en fermier dans l'épisode " Country Blues ", où l'on croise aussi Joan Van Ark qui deviendra célèbre quelques années plus tard en incarnant Valene Ewing dans Côte Ouest. Le rayon stars comprend par ailleurs Wayne Rogers (MASH, Los Angeles Années 30), Tom Skerritt (High Secret City), Roy Scheider (Les Dents de la Mer, Tonnerre de feu), Kim Hunter (La Planète des Singes au cinéma), Richard Anderson (Oscar Goldman dans L'Homme qui valait trois milliards et Super Jaimie), Martin E. Brooks (Rudy Wells dans les mêmes), Daniel Travanti (Hill Street Blues), Martin Sheen, Richard Hatch, Leslie Neilsen, David Soul, et bien d'autres.
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De même que les comédiens, les scénaristes et les réalisateurs sont des artisans chevronnés de la télévision de l'époque. George McCowan, qui réalise une poignée d'épisodes, dont le téléfilm pilote, oeuvrera plus tard sur plusieurs séries d'Aaron Spelling, notamment Starsky et Hutch et Drôles de Dames, Lawrence Dobkin sur Magnum, Don Medford sur Dynasty ou William Wiard sur Les Rues de San Francisco. Tous, par ailleurs, sont des collaborateurs habituels des séries Quinn Martin, et certains se feront plus tard un nom au cinéma à l'instar de Richard Donner (les Arme Fatale et Superman) et John Badham (Tonnerre de feu, Wargames). Idem pour les scénaristes, Robert C. Dennis, Paul Playdon, Stephen Kandel, Ken Pettus, David Moessinger, Carey Wilber, Albert Aley, Anthony Lawrence, Del Reisman, Ronald Austin & James D. Buchanan, voire Michael Gleason qui créera plus tard Remington Steele avec le réalisateur Robert Butler.
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Comme beaucoup d'autres séries, Cannon est indissociable de son thème musical, bien que son compositeur n'ait pas le renom de Lalo Schifrin, de Jerry Goldsmith ou de John Williams qui, à l'époque, travaillaient également pour la télévision. John C. Parker est en effet un illustre inconnu pour la plupart d'entre vous, mais il a signé quelques génériques de séries télé restés dans les mémoires, à commencer par celui de CHiP's qui reprend les sonorités d'un autre de ses opus, le générique de Trapper John, M.D. (inédite en France mais dans laquelle on retrouve Pernell Roberts de Bonanza et Gregory Harrison de L'Age de cristal). Auteur de partitions pour la série western La Conquête de l'Ouest, Parker est également l'un des compositeurs de Dallas, dont les morceaux seront utilisés dans les premières et dernières saisons. Parmi les autres compositeurs de Cannon, citons Duane Tatro, qui signera aussi des partitions pour Dynasty, et Patrick Williams auteur du générique des Rues de San Francisco et compositeur quasi attitré des Columbo nouvelle version à la fin des années 80.
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A quoi tient donc la popularité de Cannon ? Personnage très solitaire, celui-ci n'avait pour l'épauler ni charmante secrétaire, comme Mannix, ni jeunes enquêteurs athlétiques, comme Robert Dacier dans L'Homme de Fer. A l'occasion, il pouvait bien sûr recevoir un coup de pouce de jeunes policiers comme le Jerry Wharton incarné par Martin Sheen dans deux épisodes, mais rien de très durable : toujours, le générique de la série sera occupé exclusivement par William Conrad, dont le visage est décliné dans tous les sens d'une manière aujourd'hui un peu kitsch mais singulièrement originale ! S'il a été marié (sa femme et son fils de quatorze ans ont en fait été tués dans un accident de voiture qui sera au centre de l'épisode " Nightmare ", au début de la cinquième saison), Cannon est aujourdhui un célibataire endurci qui séduit pourtant par sa gentillesse et sa générosité. Dur avec les criminels, compensant son excédent de poids par une intelligence très utile mais capable à l'occasion de jouer du poing, Cannon est également un incorrigible tendre avec les enfants et un galant homme avec les dames. Son honnêteté foncière était, selon William Conrad, l'une des raisons premières de sa popularité, qui s'ajoutait à son allure singulière, loin du héros habituel.
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Diffusé sous forme de série régulière du 14 septembre 1971 au 3 mars 1976, Cannon connaîtra 120 épisodes et reviendra hanter les petits écrans dans un téléfilm " revival ", Le Retour de Frank Cannon, en 1980. Le personnage servira aussi à lancer une autre série de Quinn Martin, inédite en France mais très populaire aux Etats-Unis, Barnaby Jones. Le héros, incarné par Buddy Ebsen (alors très populaire pour son rôle de " plouc " dans The Beverly Hillbillies, une sitcom également inédite chez nous), partage avec l'opulent détective privé la perte tragique d'un fils, qui donne d'ailleurs son sujet au premier épisode de la série, " Requiem for a son ", où apparaît Cannon le 28 novembre 1973.
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Si Cannon n'a été que nominée aux Golden Globe (c'était en 1974) dans la catégorie " meilleure série télé ", nul doute qu'elle reste l'une des séries incontournables de la télévision américaine, jadis rediffusée quotidiennement sur TF1 et aujourd'hui reléguée (malheureusement pour tous ceux qui n'ont pas le câble ou le satellite) aux chaînes thématiques. Un classique, quoi !