Analyse : “Criminal Record” – Quand l’agenda surpasse l’intrigue

Analyse : “Criminal Record” – Quand l’agenda surpasse l’intrigue

Une série policière décevante

Les drames policiers britanniques sont monnaie courante, mais voir le nom de Peter Capaldi sur l’affiche aux côtés de Cush Jumbo est suffisamment attractif pour ne pas laisser passer l’opportunité. Le duel entre un vétéran et un bleu, entaché de corruption, de méfiance et de tyrannie égocentrique, est un scénario tendance dans cette série policière. Couplé à une narrative sur la race et l’inégalité, cela en fait simplement un autre show policier avec un agenda bien défini.

Le message était clair dès le premier épisode. Criminal Record ne sera qu’une autre série axée sur une femme de couleur grimpant dans l’échelle du pouvoir dominée par des hommes blancs. Cela devrait être une bonne chose non? L’approche rebelle mais inclusive d’une jeune femme marginalisée de couleur face à un vétéran blanc bien établi et moralement corrompu prêt à lui barrer la route.

Criminal Record avait la cible mais l’a complètement manquée. Mettre en avant des problématiques sociales dans les séries criminelles est une stratégie classique, c’est ce qui rend leurs séries pertinentes dans le paysage médiatique actuel. Bien que la personnalité des personnages principaux servait uniquement à faire avancer l’histoire sans réellement développer les personnages.

Des acteurs talentueux pour des personnages fades

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles Criminal Record ne m’a pas convaincu. De June Lenker de Cush à Hegarty de Capaldi, les acteurs ont été mal utilisés et leurs talents auraient pu être davantage exploités. Les deux sont des acteurs extraordinaires et l’histoire semblait parfois mal gérée. La grâce et l’élégance de Cush Jumbo dans les arts du spectacle sont échangées contre une attitude typique de chevalier blanc couplée à un sentiment incommensurable de pouvoir narcissique pour être l’héroïne du jour. D’autre part, l’intensité et le panache de Peter Capaldi, bien qu’ils soient toujours reconnaissables dans ses expressions faciales marquées par l’âge, sont troqués contre un antagoniste stoïque et sournois prêt à contrecarrer les bons en élaborant des plans aussi pleins de failles que possible.

Il est également question de la façon dont l’histoire pousse à croire que l’absolutisme moral est encouragé tant que la fin justifie les moyens. À la fin de la première saison, il y a peu ou pas de conséquences pour les deux personnages. Oui, j’ai dit les deux. Non seulement le Hegarty traduit laxiste à l’égard de la loi mais aussi l’officier Lenker pour qui respecter les règles elle-même, allant même jusqu’à mettre ses collègues en difficulté pour pouvoir, à ses yeux, faire ce qui est juste.

Une série passable

Et ce que je veux dire par là, c’est qu’il s’agit d’une série qui ne vaut pas la peine d’être regardée à moins que vous ne vouliez des performances peu convaincantes qui ne mettent pas en valeur le talent de Peter et Cush. C’est vraiment triste de voir ces merveilleux acteurs se perdre dans des intrigues incohérentes et des dialogues médiocres à chaque scène. À mon avis, si vous êtes fan de Capaldi ou de Jumbo, regardez-le. Sinon, vous pouvez peut-être jeter un œil à d’autres titres de la programmation télévisée de 2024.

Source : www.spoilertv.com

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Mikael Buxton

Mikaël Buxton est fan de séries télé depuis l’enfance. Il a lancé Series-80.net en 2003 pour partager sa passion des séries cultes des années 70, 80, 90 et début 2000. Aujourd’hui, il continue de faire vivre ces souvenirs en écrivant sur leurs retours, reboots, et secrets de tournage.