Beth Stelling : Une comédienne en plein essor, sourire et style cool-girl

Vous ne pouvez pas résister à une bonne soirée de stand-up. Les rires, les blagues, les punchlines qui vous font exploser de rire jusqu’à en avoir mal au ventre. Et bien, laissez-moi vous présenter une comédienne qui a tout ce qu’il faut pour vous faire passer un moment incroyable : Beth Stelling.
Un personnage sur scène
Beth Stelling est un peu comme votre meilleur ami du lycée. Son humour trouve un écho en chacun de nous, et c’est l’une de ses forces majeures. Alors que certains comiques construisent une personnalité qui sert au mieux leurs blagues, Stelling fait partie de cette tradition qui crée un personnage sur scène aussi riche et profond qu’un protagoniste de film. Même si vous ne connaissez pas quelqu’un comme elle, sa performance totalement maîtrisée donne l’impression que si.
Dans son dernier spectacle “If You Didn’t Want Me Then” disponible sur Netflix, Beth Stelling incarne un personnage cynique et déterminé qui a vu beaucoup de choses. Vêtue de noir, elle se dit “vieille avant l’heure” et exprime ouvertement ses rires malsains. Elle raconte deux histoires de relations amoureuses avec de grandes différences d’âge et déclare avec ironie : “Je pense que les hommes ne croient les femmes que lorsqu’elles mentent sur leur âge”. Après de telles répliques, on peut l’entendre émettre un rire qui évoque plus Butt-Head que Beavis, avec un air de fille cool. Son spectacle transpire une énergie comique détendue. Elle ne donne jamais l’impression d’essayer trop fort. Le véritable exploit de son stand-up est de rendre sa carapace dure peu à peu transparente, révélant sa vulnérabilité, sa compassion et son engagement féministe, tout en évoquant son enfance marquée par le divorce.
L’amour pour ses parents
Dans son précédent spectacle “Girl Daddy”, Beth Stelling présentait son père conservateur avec un brin de showman. Cette fois-ci, elle propose un portrait tendrement amoureux de sa mère, qui l’a élevée à Dayton, Ohio, où le spectacle a été tourné. L’heure commence par une vue sur la modeste skyline de la ville, accompagnée de lettres rouges épaisses annonçant le titre sur un air de guitare heavy metal. Lorsqu’elle déclare à propos de Dayton que “tout le monde ne nous a pas montré le respect que nous méritions”, Stelling se réfère également à sa mère, une enseignante de plus de trois décennies qu’elle représente comme une Marge Simpson.
Stelling commence par une histoire sur un garçon de sa classe de deuxième année qui se moquait méchamment de sa mère, une blague obscène qui la faisait beaucoup rire. Ce récit semble un peu divertissant au début, mais il prépare en réalité une vengeance tardive et joyeuse, avec une réplique brutale qu’elle n’a pas eue à l’époque et que sa mère, une professionnelle respectable, n’aurait jamais prononcée.
La mère de Beth Stelling est toujours d’un soutien inconditionnel pour sa carrière, l’encourageant toujours maladroitement, en disant notamment qu’elle gagnerait la médaille d’or si elle était aux Jeux Olympiques. Stelling, imitant sa mère, conclut en riant : “dans le stand-up comique féminin”.
Des punchlines surprenantes
L’une des forces les plus subtiles de Beth Stelling est sa voix, un instrument qui rappelle celui de Maria Bamford et qui passe sans effort des grognements aux accents, des petites voix de fille aux airs bourgeois. Elle a une blague sur le fait d’être gymnaste quand on est jeune car “on ne se rend pas compte des nombreux moyens de se casser le cou”, une blague qui provoque le rire surtout grâce aux variations de vitesse et d’intonation dans sa livraison.
Cependant, au début de son spectacle, elle fait une blague sur le fait de vieillir et de ne pas avoir recours à la chirurgie esthétique. “Si je devais me faire opérer”, dit-elle, “ce serait pour une lobotomie”. Puis vient son rire caractéristique, avant qu’elle n’imagine dire à son amie, dans la peau d’un personnage déjanté : “Allons-nous faire opérer la tête”. Elle répète ensuite cette réplique, mais dans un registre plus bas, plus proche de sa voix réelle.
Stelling affirme avoir parlé de cette blague à sa mère, et l’imitant ensuite dans un accent joyeux du Midwest, la réponse était : “Ça serait bien, non ?”. Stelling semble stupéfaite. “Elle m’a prise de court, Diane !” s’exclame-t-elle à propos de sa mère. Stelling s’est toujours considérée comme la sombre de la famille, mais ce spectacle est un portrait de sa maturité, de son évolution, et de sa vision différente de sa mère. Avec une pointe de mélancolie et d’admiration, elle ajoute : “Je pouvais la choquer autrefois”.
Le choc fait partie de l’arsenal de Beth Stelling. Son spectacle regorge de punchlines hilarantes et surprenantes, dont je ne peux pas vous dévoiler les détails ici. Elles provoquent des rires aux éclats qui ne peuvent se produire que grâce à des blagues inattendues et peu recommandables dans un environnement de travail. Mais mes moments préférés sont les plus calmes, comme cette réplique sur le fait de ne pas pouvoir choquer sa mère, un rire léger du plus bel effet. Il reste en mémoire car il y a un sous-texte. Beth Stelling incarne le fait de grandir et de réaliser que sa mère est peut-être différente de ce qu’elle croyait.
Cela suggère que les catégories faciles que l’on peut attribuer à sa famille – père amusant et irresponsable, mère stricte – ne les définissent pas entièrement. Et grâce à cette prise de conscience, Stelling révèle une version plus profonde d’elle-même. Vous pourriez même vous reconnaître dans cet instant. Nous vieillissons tous et regardons notre enfance avec un nouveau regard. Et dans les moments sombres, l’idée de se faire opérer la tête peut sembler être, ne serait-ce qu’un instant, un soulagement bienvenu.
Source : www.nytimes.com
