Biopics sur Napoléon et Maestro: des histoires de mariages difficiles

La saison des récompenses est arrivée, et avec elle des biographies de grands hommes. En tant que spectateur, il est compréhensible de trouver la formule assez fade. Mais 11 des 19 derniers Oscars du meilleur acteur ont été décernés à des biopics, ce qui signifie, statistiquement parlant, que le moyen le plus simple de remporter un Oscar est de jouer le rôle d’une personnalité morte. Alors, il est peu probable que nous soyons épargnés de sitôt.
Des films de prestige aux performances étonnantes
À première vue, “Napoléon” de Ridley Scott et “Maestro” de Bradley Cooper forment un duo fascinantement hétéroclite. Les histoires d’un conquérant et d’un chef d’orchestre semblent n’avoir que peu de choses en commun, sauf que leurs réalisateurs ont tous deux réalisé leurs films précédents avec Lady Gaga. Pourtant, au fond, il s’agit de deux récits de mariages difficiles, tous deux trop longs et excessivement ambitieux, avec des performances principales audacieuses. Et aucun des deux films ne parvient tout à fait à s’imposer. Ils ont également tous deux été conçus comme des expériences visuelles audacieuses pour le grand écran, mais ont été financés par des services de streaming, car apparemment, c’est la seule façon de produire des films coûteux pour adultes de nos jours.
“Napoléon” réclame à grand cri d’être vu sur le plus grand écran possible, et le film est actuellement projeté en 70 mm au Coolidge Corner Theatre. Réalisé par Scott, qui aura 86 ans à la fin du mois, il s’agit d’un grand spectacle rempli de vastes paysages, de combats sanglants et de détails sinistres. Pourtant, au centre se trouve une performance moderne et troublante de Joaquin Phoenix, parfois étonnamment en contradiction avec le prestige du film.
Quant à “Maestro”, il débute de façon tout aussi audacieuse. En tant que suite tant attendue de son excellent remake de “A Star is Born” en 2018, Bradley Cooper se lance dans le rôle du légendaire Leonard Bernstein avec une performance si énergique qu’elle pourrait être vue depuis l’espace. Pourtant, “Maestro” perd beaucoup de son éclat lorsqu’il passe à la couleur et tente de s’ancrer dans une réalité plus reconnaissable.
Bilan des deux films
Les deux films sont portés par des performances audacieuses et des réalisations visuelles ambitieuses, mais aucun des deux ne parvient réellement à atteindre son plein potentiel. “Napoléon” souffre de transitions brusques et d’un manque de cohésion émotionnelle, tandis que “Maestro” perd de son éclat lorsqu’il essaie de se situer dans une réalité plus familière.
En fin de compte, bien que les deux films aient leurs points forts, leurs défauts sont également évidents. Qu’il s’agisse de la brutalité émotionnelle de “Napoléon” ou de la perte de lustre de “Maestro”, ces films présentent des erreurs qui les empêchent vraiment de se démarquer dans cette saison de récompenses.
Source : www.wbur.org
