Comédie britannique Showtime sur le showbiz – The Hollywood Reporter

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Dreaming Whilst Black: une comédie smart, distinctive et très drôle

Le parcours semé d’embûches d’un réalisateur en herbe

Dreaming Whilst Black raconte l’histoire de Kwabena, un jeune homme qui rêve de devenir cinéaste tout en travaillant à un travail ennuyeux de bureau. Inspirée de faits réels, cette comédie explore les difficultés auxquelles sont confrontés les artistes noirs cherchant à se frayer un chemin dans une industrie encore largement dominée par les personnes blanches. L’existence même de Dreaming Whilst Black est une victoire en soi, car elle met en lumière les obstacles auxquels Kwabena est confronté pour concrétiser sa vision artistique, entre problèmes financiers, conseils peu utiles et producteurs sceptiques. Pourtant, malgré ces défis, la série offre un regard attentif et une voix comique confiante qui méritent d’être célébrés.

Un personnage principal charismatique et réaliste

Kwabena est incontestablement un talentueux réalisateur en herbe, comme en attestent ses anciens camarades de film et les producteurs de renom qui finissent par accepter de lire son travail. Il a également une idée de film en tête : Jamaica Road, une romance inspirée de l’histoire de sa propre famille pendant l’ère Windrush en Grande-Bretagne. Cependant, faire face à des choix difficiles devient rapidement inévitable dès qu’il décide de poursuivre son rêve. Dans le premier épisode, il doit choisir entre une réunion avec une société potentiellement intéressée par son projet et une réunion liée à son emploi actuel, nécessaire pour payer ses factures. À la fin de la saison, il a réussi à intégrer un programme visant à soutenir les “voix sous-représentées”, mais se retrouve confronté à un dilemme : son projet de passion ou le “film de quartier” qu’il craint d’être catalogué mais qui a plus de chances de plaire à la femme blanche ignorante en charge.

Face à de telles situations, Kwabena réagit souvent avec des actes de rébellion inspirants, des discours justes ou, dans le cas de sa romance naissante avec Vanessa, une déclaration d’affection touchante. Cependant, ces moments sont vite révélés comme des fantasmes de ce que Kwabena souhaiterait pouvoir faire, tandis qu’en réalité, il doit serrer les dents face aux situations désagréables et se contenter de politesses avec les personnes qui l’énervent. Il ne manque pas de caractère, mais il est malheureusement confronté au monde réel, où déplaire à la mauvaise personne peut ruiner une carrière ou une relation. L’acteur Adjani Salmon incarne avec charisme à la fois la version imaginaire audacieuse de Kwabena et son expression déconcertée lorsqu’il redescend de ses rêveries pour affronter les réalités frustrantes qui se dressent devant lui.

La réalité du racisme dans le monde de l’industrie

Dreaming Whilst Black aborde avec une ironie mordante les micro-agressions racistes dont sont victimes nos protagonistes, souvent perpétrées par des institutions et des individus qui se vantent de l’importance de la diversité. L’amie productrice d’Kwabena, Amy, interprétée par Dani Moseley, fait face à un patron qui lui demande son avis en tant que femme de couleur, pour ensuite la rejeter en qualifiant ses critiques d’avis “trop subjectifs”. La série dénonce de manière hilarante et scandaleuse les préjugés de ce patron, par exemple lors de la production d’une vidéo publicitaire offensante insinuant que le tikka masala et le cricket sont les aspects “positifs” de l’impérialisme britannique. Parfois, les enjeux sont encore plus urgents, comme lorsque Kwabena découvre que les femmes noires sont quatre fois plus susceptibles de mourir pendant la grossesse que les femmes blanches, rendant les paroles rassurantes d’une infirmière sur les douleurs ressenties par sa femme lors de l’accouchement bien peu réconfortantes.

Ensemble, ces incidents, petits et grands, dressent un tableau saisissant de l’épuisement que représente le fait d’exister dans un monde qui cherche à ignorer, à réduire ou à limiter votre potentiel. Cependant, Dreaming Whilst Black ne sombre jamais dans un ton négatif grâce à la chimie chaleureuse et joyeuse qui unit ses personnages principaux. On prend plaisir à passer du temps avec Vanessa et Amy, qui se soutiennent mutuellement face aux difficultés professionnelles tout en dégustant une coupe de prosecco. On observe avec tendresse les discussions amoureuses entre Funmi et Maurice, qui débattent avec amour des traditions nigérianes de la famille de Funmi et de celles de la Jamaïque de Maurice. On est ému avec Vanessa lorsqu’elle est séduite par Funmi lors d’un rendez-vous inspiré du film Love & Basketball, bien qu’il préfère le film Tokyo Story. Avec seulement six demi-heures d’épisodes, la saison passe trop vite. Mais elle pose les bases solides pour des suites potentielles, si les divinités de la télévision le veulent bien.

Un aperçu de la vie d’un réalisateur en herbe

Dreaming Whilst Black se concentre davantage sur les obstacles rencontrés en amont de la réalisation proprement dite que sur le processus de réalisation lui-même. La série aborde les étapes de présentation du projet, de réseautage, d’appels de faveurs et les compromis difficiles qui jalonnent le parcours. On ne voit quasiment pas le film final réalisé par Kwabena. Pourtant, cette approche permet de préserver l’authenticité de la série, qui se révèle aussi distincte et intègre qu’un véritable artiste pourrait l’espérer. Bien que ce ne soit pas exactement le cher Jamaica Road de Kwabena, la série ressemble beaucoup au type d’œuvre qu’un conteur né pourrait créer dans ses rêves.

Source : www.hollywoodreporter.com

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Mikael Buxton

Mikaël Buxton est fan de séries télé depuis l’enfance. Il a lancé Series-80.net en 2003 pour partager sa passion des séries cultes des années 70, 80, 90 et début 2000. Aujourd’hui, il continue de faire vivre ces souvenirs en écrivant sur leurs retours, reboots, et secrets de tournage.