Critique de “Becoming King”: Un acteur avance

Becoming King: la genèse d’un rôle emblématique
Le documentaire “Becoming King,” disponible sur Paramount+, retrace le parcours de l’acteur David Oyelowo dans son interprétation du Révérend Dr. Martin Luther King Jr. dans le film “Selma” d’Ava DuVernay. Réalisé par Jessica Oyelowo, l’épouse de l’acteur, ce documentaire est censé rendre hommage à la fabrication de “Selma,” mais fait plutôt figure d’appréciation hagiographique de David Oyelowo. Le film semble en partie être une réaction à l’absence de nomination d’Oyelowo aux Oscars l’année suivante dans la catégorie du meilleur acteur. Cependant, il ne parvient pas à convaincre.
Les origines de David Oyelowo
La première partie du documentaire explore les origines de David Oyelowo, d’abord en tant qu’enfant ayant grandi dans la pauvreté à Lagos, au Nigéria, puis en tant que prodige du théâtre qui a enchaîné les premiers rôles au sein de la Royal Shakespeare Company de Londres. Son parcours l’a ensuite mené à Hollywood, où il s’est fait un nom avec des rôles dans des films traitant des droits civiques en Amérique, tels que “Lincoln”, “Red Tails” et “La couleur des sentiments.”
Les coulisses de “Selma”
Tout au long du documentaire, la réalisatrice intègre des extraits de vidéos personnelles, montrant les presque sept années qu’il a fallu pour réaliser “Selma.” En parallèle à ces séquences, on découvre David chez lui, passant des coups de fil professionnels ou exprimant ses angoisses par rapport à son rôle de leader des droits civiques. Des personnalités comme Oprah Winfrey, productrice du film, Lee Daniels, qui a un temps été prévu pour la réalisation, et Ava DuVernay interviennent dans le documentaire. Cependant, leurs interventions ne sont pas particulièrement intéressantes ; elles se contentent de complimenter David Oyelowo sans apporter grand-chose d’autre que leur propre pouvoir symbolique. Le film n’explore pas véritablement ce qui a rendu “Selma” si risqué à produire. En dehors d’un bref segment avec le coach vocal de l’acteur, on ne perçoit pas réellement le processus d’Oyelowo ni les défis qu’il a dû relever pour incarner une figure emblématique dotée de défauts et d’ambiguïtés. “Becoming King” témoigne d’une forme d’auto-importance qui tend à diminuer le sujet, que ce soit le Dr. King ou Oyelowo lui-même.
Source : www.nytimes.com
