Critique de Laisse le Monde Derrière : L’apocalypse très privilégiée de Netflix

Découvrez ce à quoi ressemblerait une catastrophe mondiale vue de l’intérieur d’une Airbnb ultra-luxueuse. C’est la question posée – et répondue, de manière assez captivante – par Leave the World Behind, un thriller de luxe sur Netflix adapté du roman de 2020 de Rumaan Alam, par le créateur de Mr. Robot, Sam Esmail. Mais ce n’est pas une fable classiste de type “mangez les riches” (ou “léchez les riches”), malgré certaines similitudes architecturales entre son décor et celui de Parasite de Bong Joon-ho. Leave the World Behind effleure délicatement certains points sensibles raciaux et économiques, mais finalement, il ne s’agit pas d’un conflit. Ses personnages aisés ont plus de points communs que de différences. C’est un aperçu de ce qui se passe quand la bulle éclate, vu entièrement de l’intérieur de la bulle.
Une escapade imprévue et luxueuse
Amanda, une executive de la publicité à Manhattan, est devenue agitée et misanthrope à cause de la ville. Sur un coup de tête, elle décide de réserver une escapade de dernière minute dans une somptueuse maison de vacances de Long Island pour elle et sa famille. La maison qu’elle loue est un palais moderne et immaculé, bien au-dessus de leur logement déjà enviable à Brooklyn. Ils se promènent dans ses vastes pièces aux parois de verre et dans sa grande piscine, se sentant à l’aise dans cette nouvelle station de vie empruntée.
Des événements surréalistes et des mystères inexplicables
Lors d’une promenade à la plage, quelque chose d’étrange et de prémonitoire se produit : un immense pétrolier s’échoue sur le sable, dispersant les baigneurs de chaque côté. Plus tard, d’autres visions surréalistes émergent, créant un sentiment d’étrangeté et d’inconfort. Le Wi-Fi et la télévision ne fonctionnent plus, mais la famille ne s’en préoccupe pas jusqu’à ce qu’un homme noir, G.H., et sa fille Ruth, frappent à la porte affirmant être les propriétaires de la maison. Amanda, instinctivement, ne les croit pas, par peur ou préjugé.
Un huis clos apocalyptique
La tension monte alors que le film se transforme en un mystère apocalyptique. Sans internet, sans télévision, sans informations, la famille est confrontée à un vide d’informations et à une série d’événements mystérieux. Le film met en lumière la fragilité de la sécurité et du confort physique de la société occidentale, qui dépend d’une mince couche de technologie, d’information et de divertissement. C’est l’apocalypse dans un cadre clos.
Des dynamiques interpersonnelles mises en lumière
Les lignes de faille raciales, sexuelles, générationnelles et de classe sont dessinées mais rapidement évitées. Malgré tout, les acteurs offrent des performances brillantes, en particulier lors des interactions entre les personnages d’Amanda et G.H. Ces dynamiques interpersonnelles ajoutent une touche de réalisme et de tension au récit.
Un film riche en atmosphère
Leave the World Behind rappelle fortement la série Mr. Robot de Sam Esmail, mais révèle également des similitudes avec White Noise de Noah Baumbach et la série Lost. L’atmosphère apocalyptique et spéculative du film transporte les spectateurs dans un monde hanté par des visions de désastre, pour un spectacle fascinant et inquiétant.
Bien que le film peine à trouver une réponse intéressante à la question centrale qu’il pose, il reste un spectacle intense et captivant. La combinaison de performances passionnantes et de scènes visuellement marquantes en fait un film à ne pas manquer.
Source : www.polygon.com
