Critique de “Scott Pilgrim Takes Off” : le film adoré reçoit un traitement anime

La nouvelle adaptation de Scott Pilgrim
Connaissez-vous l’existence de deux séries télévisées différentes de Sonic the Hedgehog au cours des années 90 ? C’est la même personne qui a interprété Sonic dans les deux émissions, bien que ces deux versions étaient complètement distinctes. Tout comme le même acteur, Michael Cera, a joué deux versions différentes du personnage de Scott Pilgrim, d’abord dans l’excellent film de 2010 “Scott Pilgrim vs The World” réalisé par Edgar Wright, puis dans cette nouvelle adaptation animée décevante sur Netflix. Ces adaptations sont toutes deux basées sur la série de romans graphiques adorés de Bryan Lee O’Malley.
Une nouvelle réalité pour Scott Pilgrim
La série “Scott Pilgrim Takes Off” n’est ni un redémarrage ni une suite; elle commence presque de la même manière que le film mais prend un virage brutal à la fin du premier épisode qui la configure essentiellement comme un scénario de réalité alternative. Ici, Ramona et ses ex prennent le devant de la scène. Bien que la série soit toujours située dans un Toronto “pas si lointain” comme le film, cette nouvelle histoire semble plus mature, au détriment parfois de son humour.
Dans les livres et dans le film, Scott découvre que Ramona, une fille qu’il voit dans ses rêves, est réelle. Mais il ne peut pas sortir avec elle avant d’avoir vaincu ses sept ex mortels lors d’affrontements épiques de style vidéo ludique.
Des scénarios insipides pour la série
La série de huit épisodes offre des révélations et des associations romantiques intrigantes, ainsi que de la musique entraînante du groupe de Scott, Sex Bob-Omb (chansons originales d’Anamanaguchi). Cependant, la majorité de la série donne l’impression d’un art de remplissage ou, pour utiliser un terme d’animation, d’OVA (animations vidéo originales). Les blagues sont soit totalement insipides, soit des versions légèrement modifiées de ce qui apparaissait dans le film.
Les performances sont souvent comme de mauvais doublages en anglais, avec une expressivité atténuée et une intonation plate. Le rythme est également lent, et bien que la plupart des acteurs du film reprennent leurs rôles pour interpréter leurs homologues animés, les performances ne sont pas à la hauteur.
Un manque d’imagination pour la série
L’animation est un support confortable pour l’œuvre d’O’Malley. Malgré son habileté à comprendre les motifs visuels, les gags et les gestes propres à ce format, la série ne tire pas pleinement parti de l’absurdité que permet ce genre. Du moins, pas avant la fin de la série, où les deux derniers épisodes exposent enfin le genre d’imagination que l’on pourrait attendre d’une histoire mettant en scène des végétaliens surpuissants et des robots espions.
En fin de compte, “Scott Pilgrim Takes Off” offre une certaine forme de clôture satisfaisante pour les fans des livres et du film mais la série n’atteint jamais pleinement son objectif. Les personnages ont peut-être évolué, mais dans cette incarnation, l’histoire elle-même est coincée dans un état d’immobilisme.
Source : www.nytimes.com
