Critique: LaKeith Stanfield éblouit dans “The Changeling” (2023)

Critique: LaKeith Stanfield éblouit dans “The Changeling” (2023)

Une adaptation en série télévisée de l’Académie Apple TV+ du roman primé de Victor LaValle, “The Changeling”, explore la manière dont les contes de fées peuvent facilement se transformer en cauchemars. Dans cette histoire, Apollo Kagwa, jeune père de famille, se lance dans une recherche désespérée de sa femme Emma Valentine, après sa disparition suite à un incident horrible peu de temps après la naissance de leur premier enfant. Les deux premières parties nous présentent rapidement Apollo, qui rencontre Emma, une bibliothécaire qui rêve de voir le monde avant de se poser. Leur romance renaît plusieurs mois plus tard, après le séjour prolongé d’Emma au Brésil, et Apollo promet naïvement de réaliser tous les rêves et souhaits d’Emma.

Un mariage précipité et un mal-être croissant

La romance d’Apollo et d’Emma progresse rapidement, avec un mariage, une grossesse bienvenue et la naissance de leur fils Brian. Cependant, le bonheur du couple est rapidement entaché par l’insomnie d’Emma, sa paranoïa et un état postpartum chaque jour plus fragile. Si les énigmes et les fables s’entremêlent dans “The Changeling”, la série explore surtout la psychose post-partum et le poids considérable de la responsabilité des mères dans l’éducation de leurs enfants. Comme le remarque la mère d’Apollo, Lillian à un moment donné : “Je ne pourrai plus jamais cesser d’être une mère”. Malheureusement, puisque les cinq premiers épisodes sont racontés du point de vue d’Apollo et que le point de vue d’Emma n’est révélé que dans les trois derniers, “The Changeling” présente pendant la majeure partie de la série un protagoniste peu sympathique qui méprise de plus en plus les expériences de sa femme et de sa mère.

Trop de détails tue l’intrigue

Si les descriptions trop détaillées peuvent fonctionner dans un format écrit, les utiliser de la même manière à l’écran peut rapidement étouffer les téléspectateurs avec des explications superflues. Dans “The Changeling”, l’histoire devient écrasante alors que le récit passe d’un temps et d’un lieu à l’autre, en incluant des éléments qui se sont déroulés plus d’un siècle avant le début de la série. Étant donné qu’Apollo est le guide tout au long de l’histoire, le public n’a accès aux expériences d’Emma qu’à partir de l’épisode 6 (qui est le segment le plus captivant). Lorsque “The Changeling” montre enfin le point de vue d’Emma, en revenant sur sa rencontre avec Apollo et même en abordant un événement significatif de son enfance impliquant sa sœur Kim, une partie du brouillard autour du récit se dissipe. De plus, bien que l’histoire d’origine de la jeune Lillian soit assez intrigante, son point de vue, qui se déploie à partir de l’épisode 7, donne l’impression d’une série complètement différente de ce qui a été présenté jusque-là.

Des thèmes manquants et des questions sans réponse

Alors que “The Changeling” souhaite aborder des thèmes sur la mémoire, la parentalité, l’enfance et ce qu’il faut sacrifier et convoiter entre les deux, la série ne parvient jamais à ancrer le récit dans ces thèmes. En ne présentant qu’une ombre de l’état d’esprit d’Emma, la compréhension maladroite d’Apollo sur ce qui s’est réellement passé ne suffit pas à soutenir les indices disséminés dans la série. Au lieu de cela, les téléspectateurs se retrouvent avec plus de questions que de réponses.

Un puzzle incompréhensible

Les spectateurs ont rarement besoin d’être choyés. Mais du début à la fin de “The Changeling”, il semble que les créateurs n’aient aucun intérêt à expliquer les détails nécessaires pour donner un sens à cette histoire. Ce qui aurait dû être un conte de fées envoûtant se transforme en un puzzle déconcertant, flirtant avec l’absurdité. Certaines histoires, avec toute leur étrangeté et leur symbolisme, sont mieux laissées sur la page.

Les trois premiers épisodes de “The Changeling” seront diffusés en avant-première le 8 septembre sur Apple TV+, avec de nouveaux épisodes chaque semaine, le vendredi.

Source : variety.com

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Mikael Buxton

Mikaël Buxton est fan de séries télé depuis l’enfance. Il a lancé Series-80.net en 2003 pour partager sa passion des séries cultes des années 70, 80, 90 et début 2000. Aujourd’hui, il continue de faire vivre ces souvenirs en écrivant sur leurs retours, reboots, et secrets de tournage.