Critique: Quand le rap devient pièce à conviction

Découvrez comment la musique rap peut être utilisée contre vous dans un procès criminel dans le documentaire “As We Speak: Rap Music on Trial”.
La musique rap devant la justice
Le rappeur Kemba parcourt le pays et la Grande-Bretagne pour interviewer des artistes et des experts juridiques sur la manière dont la musique rap peut être utilisée comme preuve dans les affaires criminelles. Par exemple, Mac Phipps a été condamné pour homicide involontaire et a passé plus de deux décennies en prison, même si un autre homme avait avoué le crime. Dans une interview avec Kemba, il décrit comment des références à la violence dans ses paroles ont été utilisées lors de son procès, malgré un contexte qu’il estime inadéquat.
Dans ce documentaire réalisé par J.M. Harper, l’académicien Adam Dunbar explique une série d’études qu’il a menées. Les participants devaient juger des paroles de la même chanson : certains étaient informés qu’il s’agissait de paroles de rap, d’autres de country et d’autres de heavy metal. Le groupe qui croyait que les paroles étaient des paroles de rap considérait le compositeur comme ayant une plus grande propension criminelle. Lorsque le manager d’artistes Chace Infinite affirme que le rap est pris plus littéralement que d’autres musiques, le film montre des extraits de Johnny Cash et Freddie Mercury.
La liberté artistique en question
Kemba situe l’association du rap avec le crime dans un contexte historique de censure de la musique noire. Dans un autre fil conducteur, “As We Speak” imagine Kemba lui-même devant la barre, ses écrits étant utilisés contre lui dans un tribunal criminel. Le contenu mis en scène est un peu lourd, mais “As We Speak” plaide de manière convaincante pour la nécessité d’être libre de créer de l’art, et pour la sensibilisation du public au fait que l’art est rarement une preuve légale valable.
“As We Speak: Rap Music on Trial” n’est pas classé. Durée : 1 heure 36 minutes. Disponible sur Paramount+.
Source : www.nytimes.com
