Gabriel Garcia Bernal dans ‘Cassandro’, un luchador libéré, est un véritable gagnant

Gabriel Garcia Bernal dans ‘Cassandro’, un luchador libéré, est un véritable gagnant

Gabriel Garcia Bernal, célèbre acteur depuis ses rôles marquants dans “Amores Perros” et “Y tu mamá también”, surprend désormais le public en se lançant dans le monde de la lutte lucha libre. En effet, Bernal, loin d’être l’acteur le plus costaud, est plutôt connu pour sa capacité à changer de caractère et de style, que ce soit en talons hauts en tant que femme fatale dans “Mauvaise éducation” de Pedro Almodovar, ou en moto dans “Carnets de voyage” de Walter Salles, où il incarne Che Guevara.

Mais même si tout ce qui met en scène Bernal vaut la peine d’être vu, cela faisait un moment qu’il n’avait pas eu un rôle suffisamment fort pour s’investir totalement.

“Cassandro” : le nouveau rôle marquant de Gabriel Garcia Bernal

Ce temps est maintenant révolu avec “Cassandro”, le drame basé sur une histoire vraie de Roger Ross Williams, qui raconte l’histoire du lutteur mexicain Saúl Armendáriz. Ce dernier était un exótico dans la lutte lucha libre des années 1990, un combattant masculin déguisé en femme, servant de contraste aux grands événements machos. Mais Armendáriz, étant homosexuel, souhaitait que son personnage, Cassandro, ait une place plus importante et puisse se mesurer aux luchadores sur un pied d’égalité.

“Cassandro”, qui sort en salles limitées ce vendredi et sera disponible sur Amazon Prime Video le 22 septembre, suit l’ascension d’Armendáriz depuis son statut d’étranger maigre jusqu’à son apogée sur scène. Malgré les difficultés auxquelles il est confronté, Bernal incarne Armendáriz avec une innocence contagieuse, même lorsqu’il consomme de la drogue dans les toilettes. Surtout, sa transformation de l’exótico en quelque chose de plus que ce que lui dicte la tradition des luchadores constitue une métaphore bouleversante de l’émancipation gay.

La lutte pour la reconnaissance de Cassandro

Après avoir du mal à s’imposer en tant que lutteur El Topo, Armendáriz est convaincu par son entraîneur (Roberta Colindrez) de se lancer sur le ring en tant qu’exótico. Cependant, Armendáriz n’a aucun intérêt à jouer le rôle de Cassandro comme on l’attendait de lui. Tout d’abord, il veut gagner, alors que les exóticos étaient censés jouer les victimes efféminées et flamboyantes face aux redoutables luchadores.

De plus, les exóticos portaient un masque, mais Armendáriz choisit de s’en passer – un geste audacieux compte tenu des vagues d’homophobie qu’il subit de la part de nombreux spectateurs. Mais Armendáriz réussit à les conquérir, et au passage, il réalise quelque chose de spectaculaire : transformer un stéréotype gay en héros. “J’avais l’impression d’être Wonder Woman”, a déclaré le véritable Armendáriz.

Un récit captivant à découvrir

“Cassandro”, avec la participation de Bad Bunny, ne consacre pas toujours suffisamment de temps aux souffrances intérieures qu’Armendáriz a endurées. (Il a souffert de dépression et de toxicomanie.) Et la réalisation de Williams, dans son premier long métrage narratif en tant que documentariste chevronné, peut parfois être confuse. L’histoire est si sensationnelle que l’on pourrait presque souhaiter que “Cassandro” soit un documentaire complet. (Williams avait déjà réalisé un court métrage de qualité sur Armendáriz pour le New Yorker intitulé “The Man Without a Mask”.)

Néanmoins, “Cassandro” ne manquera pas d’attirer de nombreux spectateurs grâce à l’histoire remarquable d’Armendáriz. Bernal, une fois de plus, donne vie à son côté féminin, déjà montré dans “Mauvaise éducation” d’Almodovar, et compense son manque de force physique par son charme. C’est une performance formidable, même si elle ne peut pas être comparée à celle de Cassandro.

La sortie de “Cassandro”, distribué par Amazon Studios, est interdite aux moins de 17 ans par la Motion Picture Association en raison du langage, de la consommation de drogue et du contenu sexuel. Durée : 107 minutes. Trois étoiles sur quatre.

Suivez le journaliste du cinéma de l’AP, Jake Coyle, sur Twitter : http://twitter.com/jakecoyleAP

Source : www.newstimes.com

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Mikael Buxton

Mikaël Buxton est fan de séries télé depuis l’enfance. Il a lancé Series-80.net en 2003 pour partager sa passion des séries cultes des années 70, 80, 90 et début 2000. Aujourd’hui, il continue de faire vivre ces souvenirs en écrivant sur leurs retours, reboots, et secrets de tournage.