Kelsey Grammer brille toujours, malgré le manque d’enthousiasme pour la renaissance.

Le très attendu revival de Frasier est enfin arrivé, suscitant à la fois excitation et appréhension chez les fans de la série culte. Après avoir visionné cinq épisodes en avant-première, je suis prêt à donner mon avis. Et malheureusement, je dois admettre que mes espoirs pour les revivals télévisuels ont été douchés. Le nouveau Frasier, diffusé sur Paramount+, est loin d’être terrible, mais il peine à capturer l’alchimie et la magie qui ont fait du Frasier original l’une des sitcoms les plus acclamées de tous les temps.
Une tentative désespérée et superficielle pour recréer la dynamique familiale de la famille Crane, la prétention snob de son personnage principal et les affrontements entre la société bourgeoise de Frasier et les classes populaires. Que vous soyez nostalgique ou tout simplement heureux qu’un nouveau Frasier existe, il est peu probable que vous soyez conquis par cette nouvelle version. Même si, comme les créateurs de la série, vous considérez cela plus comme un spin-off que comme un véritable revival ou reboot de Frasier lui-même, comme Frasier lui-même est né de Cheers.
Avec la mort de John Mahoney, l’interprète de Martin Crane, et l’absence de nombreux membres du casting original, dont Lilith (Bebe Neuwirth) et Roz (Peri Gilpin), Frasier 2023 offre un tout nouveau contexte au personnage emblématique de Kelsey Grammer, marquant sa quatrième décennie à l’écran après Cheers et Frasier, diffusés de 1984 à 2004. Frasier n’est plus le psychiatre radio de Seattle transplanté de l’époque Reagan à Boston, mais un professeur de Harvard revenu dans sa ville natale. Il incarne désormais le vieil homme bougon qui emménage à côté de son fils, Frederick Crane.
La série fait revivre des personnages familiers de la série originale, tels que le colocataire de Freddy, une mère célibataire aspirante actrice (Eve), le neveu de Frasier, un étudiant à Harvard (David), ainsi que de nouveaux amis et collègues de travail. Toutefois, leur présence n’est pas suffisamment convaincante pour compenser les lacunes du scénario, qui repose sur des blagues éculées et des clichés trop familiers. Les caractéristiques de Frasier, qui étaient si captivantes dans l’original, semblent moins convaincantes cette fois-ci. La dynamique père-fils est inversée, avec Frasier qui désapprouve depuis longtemps la décision de Freddy d’abandonner ses études à Harvard pour devenir pompier.
Malheureusement, la série ne parvient pas à définir clairement cette relation complexe ni à explorer l’évolution de Freddy depuis son enfance. Les tentatives de l’acteur Jack Cutmore-Scott pour donner vie à son personnage semblent surjouées et artificielles, ne parvenant pas à combler le vide laissé par les acteurs originaux.
Cependant, malgré ces critiques, il y a une chose qui me pousse à continuer à regarder cette série : Kelsey Grammer. À 68 ans, l’acteur incarne toujours avec brio le personnage emblématique de Frasier Crane. Il possède toujours cette énergie, cette prétention désinvolte, cet amour profond pour sa famille et cette capacité à passer d’une émotion à l’autre avec une facilité déconcertante. Grammer reste fidèle au personnage tout en apportant une nouvelle dimension à Frasier Crane. Son engagement sans faille dans ce rôle est remarquable.
Malgré ses défauts, le Frasier revival/spin-off peut encore trouver son rythme et satisfaire les fans les plus sceptiques. En fin de compte, c’est la performance extraordinaire de Kelsey Grammer qui fait briller cette série et qui rendra difficile de ne pas continuer à regarder.
Source : slate.com
