La course au sommet de Netflix : une rivalité en montagne avec une fin tragique

Ce documentaire Netflix intitulé “Race to the Summit” raconte l’histoire de deux grimpeurs suisses, Ueli Steck et Dani Arnold, qui se livrent une compétition acharnée pour gravir les sommets les plus dangereux du monde. Cette rivalité entre ces deux alpinistes de renom a conduit à des disputes, des accusations, des comportements risqués et une fin tragique. Pour les amateurs de sports extrêmes, ce documentaire est une plongée captivante dans l’hypercompétitivité.
L’escalade en vitesse
L’escalade en vitesse consiste à gravir une montagne le plus rapidement possible. Les alpinistes se lancent seuls dans cette aventure, escaladant souvent sans cordes et avec un équipement minimal voire inexistant. Les risques sont évidents, la moindre erreur pouvant être fatale, même pour les plus expérimentés. À la fois course contre la nature et contre la montre, l’escalade en vitesse est un défi hors du commun.
L’ascension de Steck et Arnold
Pendant longtemps, Ueli Steck était considéré comme le roi de la communauté de l’escalade. Surnommé “la Machine suisse”, il battait régulièrement des records de vitesse, notamment dans les Alpes. “Race to the Summit” dépeint le portrait d’un homme déterminé, souvent pensif et parfois mal à l’aise avec sa célébrité. Pour beaucoup, il était le LeBron James de son sport, l’alpiniste le plus accompli de sa génération.
Mais comme pour le joueur de basket-ball, Ueli Steck a rapidement compris qu’il y avait toujours quelqu’un de plus jeune qui arrive pour prendre sa place.
Tout a changé pour Steck en 2011 lorsque Dani Arnold a surpris le monde de l’escalade en atteignant le sommet de la face nord de l’Eiger en 2 heures et 22 minutes, pulvérisant le record de Steck établi en 2008 (2 heures, 47 minutes et 33 secondes). Au lieu de saluer cette performance, Steck a critiqué Arnold en soulignant qu’il avait utilisé une corde lors d’une partie de son ascension. Cet exploit a déclenché une rivalité entre les deux grimpeurs, chacun essayant constamment de surpasser l’autre.
Le documentaire s’intéresse également aux accusations de tricherie portées par Steck contre Arnold, accusations qui n’ont jamais pu être prouvées. Cette partie du documentaire est particulièrement intéressante car l’escalade n’est pas une compétition traditionnelle où chaque étape du parcours est enregistrée par des caméras en direct. Il reste donc des doutes sur certaines ascensions, mais aucune conclusion définitive ne peut être tirée.
Malgré les accusations, Steck n’a pas flanché. Les rivalités sont une composante essentielle du sport, plus faciles à trouver dans les sports d’équipe. Le football universitaire ne serait pas aussi passionnant sans les matchs Ohio State-Michigan, et le basketball universitaire a besoin des rencontres entre Duke et North Carolina. La rivalité historique entre les Los Angeles Lakers et les Boston Celtics a contribué à l’essor de la NBA telle qu’elle existe aujourd’hui.
Les rivalités dans les sports individuels sont plus rares. La rivalité entre Steck et Arnold a captivé la communauté de l’escalade parce que ces deux personnalités distinctes (Arnold ayant une personnalité un peu plus extravertie que Steck) s’affrontaient dans des environnements extrêmes.
Le danger de l’escalade en vitesse
L’escalade en vitesse est synonyme de records. Le documentaire “Race to the Summit” soulève la question : le danger en vaut-il la peine ? Il y aura toujours quelqu’un de plus rapide, de plus fort et de plus jeune. Combien de personnes mourront en essayant d’être les meilleurs au monde ? Combien de personnes laisseront leurs proches derrière elles ? Les chiffres exacts des décès liés à l’escalade en montagne sont difficiles à obtenir, mais rien qu’en 2021, il y a déjà eu dix décès sur le mont Everest jusqu’en mai de cette année.
Comme l’a souligné l’un des intervenants du documentaire : “C’est juste une question de statistiques. Si vous ne parvenez jamais à vous arrêter, il est inévitable qu’un jour cela vous tue”.
Source : awfulannouncing.com
