Le conte de fées cauchemardesque du drame “The Changeling” : NPR

LaKeith Stanfield, célèbre pour son rôle dans “Get Out” et la série “Atlanta”, est le protagoniste de la nouvelle série Apple TV+ “The Changeling”. Dans cette série, il incarne un jeune homme qui réalise ses rêves et ses objectifs en matière d’amour, de mariage et de parentalité, pour finalement les voir se transformer en cauchemars. Bien que la conclusion de la série puisse décevoir, les performances d’acteur ne manqueront pas de vous captiver.
Une histoire glissante et intrigante
“The Changeling”, adaptée pour la télévision en huit épisodes, est basée sur le livre de Victor LaValle. Cette série est difficile à catégoriser, mélangeant habilement plusieurs genres ; à la fois un conte moderne, une histoire d’amour, un récit d’horreur, une parabole et une quête personnelle. On pourrait dire que c’est un conte moderne, ou même un mythe grec revisité. Quoi qu’il en soit, c’est une expérience captivante et pleine de satisfactions.
Kelly Marcel, créatrice et scénariste de cette adaptation télévisée, est connue pour ses divers travaux tels que “50 nuances de Grey”, les films “Venom”, “Cruella” et le charmant “Saving Mr. Banks”, qui raconte la création du film “Mary Poppins” par Disney. Dans “The Changeling”, elle ne recule devant aucune profondeur et intègre parfaitement les thèmes abordés dans le roman de LaValle. Elle explore brillamment les responsabilités parentales, la dépression post-partum, ainsi que des scènes de violence intense et troublantes. Le récit est également agrémenté de sorcières, de terres lointaines mystérieuses et même d’une narration de conte fournie pour la version télévisée par l’auteur LaValle lui-même.
Un début doux qui tourne au cauchemar
L’histoire de “The Changeling” commence comme une comédie romantique, avant de prendre un tournant sombre et tortueux. Elle raconte d’abord deux histoires d’amour distinctes mais liées. La première concerne une jeune femme, Lillian, qui se marie et a un fils, Apollo. Plus tard, Apollo, devenu un jeune homme à New York, rencontre Emma, une bibliothécaire, et tombe amoureux d’elle. Ces deux personnages sont interprétés par LaKeith Stanfield et Clark Backo. Lors de leur premier rendez-vous, Apollo témoigne de ses véritables sentiments, ce qui ne manque pas de surprendre Emma.
Très rapidement, “The Changeling” prend une tournure inquiétante lorsque Emma a du mal à établir un lien avec l’enfant. Des éléments présents dans “Rosemary’s Baby” commencent à se manifester. Alors que les visions et les cauchemars des personnages deviennent de plus en plus sinistres et menaçants, des personnages mythiques et des contes tels que “Rumpelstiltskin” et “Rapunzel” font leur apparition. Le rêve familial d’Apollo est brisé et il se lance dans une quête pour découvrir ce qui s’est mal passé. Son périple le conduit sur des sites de médias sociaux secrets et sur une île enveloppée de brume. Comme Alice au pays des merveilles ou Dorothy dans le magicien d’Oz, il rencontre de nombreux personnages déconcertants en chemin.
Des performances mémorables malgré une conclusion décevante
“The Changeling” trouve son ambiance proche d’une autre série dramatique d’Apple TV+ appelée “Servant” et encore plus proche de la série d’horreur de HBO, “Lovecraft Country”. Cependant, plus la série approche de la confrontation avec ses démons – au sens propre – plus elle a du mal à maintenir les attentes qu’elle a elle-même créées. Comme de nombreux films et adaptations télévisées des œuvres de Stephen King, la conclusion n’est pas tant un point culminant qu’une déception. Cela dit, les performances d’acteurs valent le détour. LaKeith Stanfield et Clark Backo, dans les rôles d’Apollo et d’Emma, sont troublants et mémorables. Adina Porter et Alexis Louder, qui interprètent respectivement les versions plus âgées et plus jeunes de la mère d’Apollo, Lillian, brillent également. Avec la participation de Jane Kaczmarek, le casting de “The Changeling” en fait une série télévisée qui vaut le détour.
Source : www.npr.org
