Le dossier criminel, dernière déception d’Apple TV | TV/Streaming

Une enquête pas comme les autres
Detective Sergeant June Lenker, est confié l’affaire par la hotline et son supérieur. Une jeune recrue déterminée à changer la culture de la police métropolitaine de l’intérieur, Lenker se plonge dans la recherche sur le détenu mentionné par l’appelant. Ses efforts la mènent au Detective Chief Inspector Daniel Haggerty, qui a obtenu un plaidoyer de culpabilité d’Errol Mathis dans le meurtre de sa petite amie Adelaide Burrows. Dès que Lenker mentionne l’affaire dans le contexte de l’appel à la hotline, Haggerty se montre méfiant. Il est possible qu’il soit préoccupé par son héritage, mais il devient rapidement évident qu’il a travaillé avec et qu’il essaie de protéger une opération assez importante. Ainsi, commence un va-et-vient entre Lenker, une femme métisse facilement mise en avant par ses supérieurs dans le cadre des efforts de diversité et d’inclusion de la police métropolitaine, et Haggerty, qui est motivé par plus que de simples préjugés.
Des acteurs authentiques
Crédit là où crédit est dû : Jumbo et Capaldi apportent une vigueur et une authenticité considérables à leurs rôles. Dans une récente interview, ce dernier mentionne que le duo a choisi de ne pas répéter, se fiant davantage à la réaction l’un de l’autre sur le moment. Cette approche est évidente dans leurs performances, qui varient de adversariales à cordiales, voire à mentor et protégé. June est un personnage de policier féminin assez standard : dure comme de la pierre, se battant dans un milieu historiquement blanc et masculin en tant que femme et personne noire, refusant de compromettre sa dureté en étant trop émotionnelle. Heureusement, Jumbo ajoute la nuance nécessaire à cette représentation à travers des doutes sur la loyauté de Lenker, des craintes que son fils soit et continuera d’être victime de profilage racial par ses collègues, et des angoisses que la compréhension de sa situation par son deuxième mari Leo, libéral et blanc (Stephen Campbell Moore, toujours le bienvenu), soit aveuglée par ses propres privilèges.
Capaldi est tout aussi captivant dans son rôle de Haggerty, casté d’une manière différente de son habitude. Plus connu comme le 12e docteur de la longue série de science-fiction britannique “Doctor Who”, ou comme le spin doctor librement grossier Malcolm Tucker dans “The Thick Of It”, Capaldi se repose ici sur son habituelle exubérance. Haggerty jongle avec un vaste réseau de secrets, et au début, en essayant de garder son sang-froid, crée simplement de la distance physique entre lui et Lenker, s’éloignant d’elle pour demander une tasse de thé, ou se tenant derrière une chaise pendant qu’elle reste assise. C’est un vrai régal de regarder Capaldi créer une trajectoire pour Haggerty à travers le langage corporel : après avoir tenté la distance physique, il essaie l’immobilité, faisant une pause dans ses pensées pour considérer ses options, imperturbable pendant ce qui semble être une éternité pendant qu’il évalue le danger auquel lui et ses collègues sont confrontés. Ses yeux bleus ne s’élargissent jamais, ne trahissent pas l’alarme, mais la veine visible sur son front trahit son niveau de stress. Personne ne douterait de la confiance de Haggerty au travail, mais il y a une certaine lassitude, juste un léger affaissement des épaules, alors qu’il s’occupe de Lisa, sa fille adulte négligée, qui a souffert de plus que du vieux syndrome de l’absence parentale.
Source : www.rogerebert.com
