Les 50 meilleures séries TV de 2023: No 9 – Le Sixième Commandement | Télévision
Un drame qui marque les esprits
De temps en temps, un drame pénètre si profondément sous la peau qu’il reste avec vous, non, en vous. Image après image brûlante. Le Sixième Commandement, écrit par Sarah Phelps et réalisé par Saul Dibb, était le plus bouleversant exemple de l’année. Peut-être même de la décennie.
Dans quatre épisodes poignants et presque insupportables, il a pris un genre souvent prurient, insensible et moralement douteux, et l’a gracieusement subverti. Le Sixième Commandement était un vrai crime qui mettait l’accent sur les victimes, bien que même utiliser ce mot semble réducteur. Ce qu’il donnait, c’était une dignité rarement accordée, ni à l’écran ni dans la vie, à des personnes dont la vie est détruite par le crime.
Une histoire de manipulation et de cruauté
Les principales victimes étaient Peter Farquhar (Timothy Spall), un ancien professeur à Stowe, et sa voisine Ann Moore-Martin (Anne Reid), ancienne directrice d’école. L’un après l’autre, en 2014 et 2017, ils ont été abordés par un jeune marguillier, Ben Field (Éanna Hardwicke), qui s’est insinué dans leur vie. Il leur lisait des versets bibliques, les aidait dans le jardin, cuisinait pour eux et a même fini par emménager chez eux. Il leur a ensuite dit qu’il était amoureux d’eux. Après avoir modifié leurs testaments en sa faveur, Ben a procédé à un harcèlement moral, une humiliation et les a empoisonnés. Il a assassiné Peter et a tenté de tuer Ann. Après une enquête de la police de Thames Valley et un procès criminel en 2019, Field a été condamné à la prison à vie.
Des performances inoubliables
C’était un drame en deux parties distinctes : une étude de caractère intime et une procédure policière qui se sont parfaitement coalescées. Les deux premiers épisodes étaient centrés sur Peter, puis sur Ann. Spall, dans une performance inégalée, incarnait Peter avec une tendresse exquise. Reid, a elle aussi, jouait avec une justesse incroyable.
La série se passe dans le paisible village de Maids Moreton, dans le Buckinghamshire, et la réalisation de Dibb était magistrale, capturant l’esprit anglais avec une précision impressionnante.
Un respect pour les victimes
Le Sixième Commandement était aussi sur les familles brisées par une cruauté incompréhensible, les détectives qui ont tout donné pour résoudre l’affaire et les officiers de police qui ont travaillé d’arrache-pied. Il s’agissait également de la façon dont nous vivons, comment nous percevons et prenons soin des personnes âgées dans nos vies.
Ce qui a rendu Le Sixième Commandement si bouleversant à regarder, c’est sa capacité à honorer les victimes, à mettre en lumière les conséquences de la cruauté sur les familles et à montrer le courage que l’amour demande.
Il s’agit d’un modèle en matière de vrai crime, et je n’oublierai jamais cette série.
Source : www.theguardian.com
