Les prix montent, les bibliothèques rétrécissent : comment la télé en streaming bouleverse le Canada

Les prix montent, les bibliothèques rétrécissent : comment la télé en streaming bouleverse le Canada

La hausse des prix des abonnements aux plateformes de streaming TV

Le streaming télévisuel a totalement modifié la façon dont les Canadiens regardent leurs émissions préférées, offrant une bibliothèque apparemment inépuisable de programmation sans publicités à un prix dérisoire. Maintenant, les maîtres de l’industrie du divertissement arrivent pour percevoir leurs dus.

Depuis un an, les prix des abonnements ont augmenté sur presque chaque plateforme de streaming TV majeure. Certaines entreprises ont augmenté leurs tarifs mensuels, tandis que d’autres ont adopté une approche plus discrète en révisant leurs forfaits de services avec une hausse intégrée des prix.

Face à cette situation, l’introduction de niveaux d’abonnement soutenus par la publicité chez Netflix, Crave et Disney Plus a donné aux consommateurs un moyen de gérer leur budget – à condition qu’ils soient prêts à traverser des pauses publicitaires.

Impact sur le consommateur

Certaines études indiquent que cette augmentation des prix a engendré une réaction négative de la part des consommateurs. Bon nombre de ces derniers ont décidé de résilier leur abonnement en raison du coût élevé ou parce qu’ils estiment déjà payer pour trop de services.

Face à cette réaction, les principales plateformes de streaming ont cherché des moyens de réduire le nombre d’abonnés résiliés, connus dans l’industrie sous l’expression « churn ». À la place de simplement baisser les prix, de nombreuses entreprises ont introduit des niveaux d’abonnement soutenus par la publicité, qui coûtent souvent moins cher aux clients, tout en garantissant à l’entreprise un flux de revenus stable en vendant des espaces publicitaires.

Coûts de programmation

Du point de vue de l’industrie, il existe de nombreux facteurs qui influent sur la hausse des prix des abonnements. En résumé, le concept de fournir aux téléspectateurs une offre de télévision à volonté n’a jamais été viable. Les coûts de production d’une gamme complète de nouveaux séries et films ambitieux, ainsi que le maintien des droits pour une vaste bibliothèque de vieux favoris, rendent impossible la rentabilité pour la plupart des services de streaming tout en facturant à peu près le prix d’une entrée de cinéma chaque mois.

Malgré tout, de nombreux géants du streaming ont injecté des milliards de dollars dans la programmation et ont géré leurs activités sur le plan financier dans l’espoir de recruter suffisamment d’abonnés pour sortir du rouge. La réalité a refait surface lorsque les investisseurs de Wall Street ont commencé à douter de la somme d’argent injectée dans les émissions de télévision et ont demandé des résultats clairs. Plus de pression a été exercée lorsque les productions hollywoodiennes ont été interrompues à cause des grèves des scénaristes et des acteurs.

Conséquences pour les bibliothèques de programme

Pour réduire les dépenses en 2023, de nombreuses entreprises de streaming ont trouvé une solution en supprimant de leurs plates-formes des émissions et des films infructueux, ce qui leur a permis d’économiser sur certaines redevances de licence.

En parallèle, une quête d’exclusivité a dominé le marché. Au Canada, les entreprises de streaming ont rivalisé pour obtenir des droits exclusifs sur des émissions à succès, dans l’espoir de recruter des abonnés chez leurs concurrents.

Options soutenues par la publicité

Alors que les prix augmentent sur l’ensemble du secteur du streaming, presque toutes les principales plateformes – à l’exception d’Apple TV Plus – misent sur un modèle commercial auquel elles avaient renoncé : la vente d’espaces publicitaires. Considérée autrefois comme un vestige de l’ère de la télévision traditionnelle, l’attitude envers les pauses publicitaires est devenue plus indulgente au cours des deux dernières années.

L’idée même de publicités sur Netflix avait irrité l’ancien co-PDG Reed Hastings au point qu’il avait promis aux investisseurs que cela ne serait jamais intégré à leur modèle commercial. Il a finalement changé d’avis fin 2022 avec le lancement d’un niveau d’abonnement moins cher avec publicité. Peu de temps après, Disney Plus et Crave ont tous deux lancé des niveaux d’abonnement analogues. Amazon Prime Video et Paramount Plus envisagent de faire de même au début de 2024.

Source : www.boundarycreektimes.com

Avatar photo

Mikael Buxton

Mikaël Buxton est fan de séries télé depuis l’enfance. Il a lancé Series-80.net en 2003 pour partager sa passion des séries cultes des années 70, 80, 90 et début 2000. Aujourd’hui, il continue de faire vivre ces souvenirs en écrivant sur leurs retours, reboots, et secrets de tournage.