Netflix est responsable du désastre télévisuel, nous sommes dans un gouffre de programmes insipides.

La fin de la personnalisation sur les plateformes de streaming
Le paradoxe du streamhole
Les plateformes telles qu’Amazon, Uber et Netflix ont réussi à révolutionner le commerce en ligne, les transports et la diffusion de contenus. Leur promesse était simple : nous offrir une expérience personnalisée en nous recommandant des produits, des trajets ou des séries en fonction de nos préférences. Et pendant un temps, cela a bien fonctionné. Mais aujourd’hui, cette personnalisation tant vantée semble disparaître.
Le streamhole, c’est lorsque nous pensons faire nos choix, mais en réalité la plateforme décide pour nous. Nous achetons des produits, écoutons des chansons, regardons des vidéos de cuisine sans même savoir comment nous en sommes arrivés là. Nous sommes pris dans un flux continu qui semble nous emporter.
Il y a bien sûr des aspects négatifs à cette situation, comme lorsque Amazon nous pousse à acheter ses propres produits au détriment d’autres options. Mais le streamhole peut aussi être fascinant, comme lorsque nous découvrons de nouvelles chansons ou de nouveaux auteurs grâce à des recommandations que nous n’aurions jamais eues autrement.
La fin de l’ère de la personnalisation
Le modèle des plateformes repose sur l’idée de personnalisation, mais il semble que les limites de ce modèle soient en train d’être atteintes. Les algorithmes sophistiqués qu’elles utilisent pour nous recommander des contenus semblent de moins en moins pertinents. Les options se réduisent, les coûts augmentent et les emplois se précarisent. En vivant avec les algorithmes, nous nous retrouvons avec une copie dégradée du capitalisme qui existait avant.
La fascination du streamhole
Pourtant, malgré les problèmes que cela soulève, difficile de nier que le streamhole peut être fascinant. Spotify, par exemple, propose des playlists personnalisées en fonction de nos goûts musicaux. Leur algorithme analyse nos écoutes, nos genres préférés, nos paroles préférées pour nous proposer des artistes similaires. Certes, le modèle pose des problèmes pour les musiciens, mais il offre aussi de nouvelles opportunités de découvertes musicales.
Un modèle en perte de vitesse
Le succès de la série Suits sur Netflix en est un exemple frappant. La plateforme a réussi à générer plus de 3 milliards de minutes de visionnage pour cette série. Mais derrière cela, les auteurs de la série ont touché des revenus dérisoires, moins de 300 dollars pour chacun d’entre eux. Le modèle des plateformes, qui promettait une meilleure rémunération pour les artistes, semble donc être en train d’échouer. Il n’est pas étonnant que de plus en plus de voix s’élèvent pour critiquer ce modèle et réclamer une plus juste répartition des revenus générés par les plateformes.
L’avenir incertain des plateformes
L’effet de réseau et l’accumulation de données étaient censés renforcer les plateformes et améliorer l’expérience utilisateur. Mais si l’objectif réel des plateformes n’est pas de produire un meilleur produit, mais simplement de nous détourner de l’écran principal pour passer plus de temps sur nos smartphones, alors il y a de quoi s’inquiéter. Nous risquons de nous retrouver avec des contenus de moins bonne qualité, moins de choix et aucune conversation intéressante à en tirer.
Amazon se transforme en simple magasin en ligne, Uber est moins fiable et plus cher que les taxis étaient autrefois, et le streaming se rapproche de plus en plus de la télévision par câble. Le modèle des plateformes risque de devenir ennuyeux, voire économiquement pire qu’avant l’avènement d’Internet.
Le streamhole est un phénomène fascinant, mais il est important de rester vigilant pour ne pas se laisser piéger par les promesses vides des plateformes.
Source : www.thedailybeast.com
