Rapport sur The Hollywood Reporter

Les documentaires canadiens sont de plus en plus délaissés au profit des séries documentaires, dans un contexte où les plateformes de streaming américaines, telles que Netflix et Amazon Prime, continuent de conquérir le marché canadien. Cette tendance s’explique par une recherche de sensations fortes de la part des diffuseurs, qui privilégient les séries documentaires au détriment des films documentaires individuels.
Une évolution du paysage documentaire canadien
Le dernier rapport de la Documentary Organization of Canada (DOC), publié le 12 septembre, souligne que les réseaux de télévision canadiens soutiennent de plus en plus de séries documentaires qui ressemblent étrangement à des émissions de téléréalité. Selon Sarah Spring, directrice exécutive de la DOC, il est de plus en plus courant de parler de production de séries documentaires au Canada, plutôt que de films documentaires individuels, comme l’indique le septième rapport Get Real.
Moins d’appétit pour les documentaires individuels
Les cinéastes canadiens ont longtemps été reconnus pour leurs documentaires théâtraux primés, tels que Navalny de Daniel Roher, récompensé aux Oscars. Cependant, le rapport de la DOC affirme que les diffuseurs canadiens ont de moins en moins d’appétit pour les documentaires individuels, qui offrent un point de vue clair et des intrigues sophistiquées. Ils poussent de plus en plus pour des séries documentaires de type émission de téléréalité.
Cette évolution est en partie due à l’arrivée de Netflix et d’autres plateformes de streaming américaines sur le marché canadien de la télévision. Avec des documentaires à succès comme Harry and Meghan, ces plateformes captent une part de plus en plus importante de l’audience, laissant aux diffuseurs canadiens peu d’intérêt pour les documentaires individuels drivés par des réalisateurs renommés.
Une augmentation de l’investissement étranger dans les séries documentaires canadiennes
Même les plateformes de streaming étrangères ont vu leur investissement dans les séries documentaires canadiennes augmenter, passant de 34 millions de dollars en 2017 à 66,8 millions de dollars en 2021 (dernière année analysée par le rapport Get Real). Cependant, obtenir un tel investissement de la part des plateformes de streaming américaines reste encore difficile.
Le rapport souligne que bien que le streaming permette aux créateurs de toucher un public plus large et plus ciblé, il a également créé un environnement concurrentiel et encombré. Pendant ce temps, entre 2017 et 2021, le volume d’investissement dans les films documentaires ou les documentaires télévisés par les diffuseurs locaux est passé de 29,6 millions de dollars à 19,4 millions de dollars. Le nombre de projets soutenus par les réseaux canadiens est passé de 60 à 35, et le nombre d’heures de production de documentaires a diminué de 80 à 53 au cours de la même période de cinq ans.
Des budgets par heure en baisse
De plus, les budgets par heure de production diminuent. En 2021, le dernier exercice pris en compte par le rapport Get Real, le budget moyen par heure de production pour les documentaires individuels était de 376 353 dollars, alors que les films documentaires ou les documentaires télévisés avaient un budget moyen de 350 556 dollars par heure. Les séries documentaires avaient quant à elles des budgets par heure inférieurs, à hauteur de 289 115 dollars en 2021.
De plus, la plus grande part du financement des documentaires ne provient pas des diffuseurs, mais plutôt des crédits d’impôt, du Fonds des médias du Canada, des distributeurs canadiens et des investisseurs étrangers.
Source : www.hollywoodreporter.com
