Rodrigo Prieto évoque ‘Pedro Páramo’ et Emilia Pérez

Rodrigo Prieto évoque ‘Pedro Páramo’ et Emilia Pérez

Rodrigo Prieto, célèbre directeur de la photographie et cinéaste, a récemment présenté son premier long-métrage « Pedro Páramo » lors du festival international Camerimage, où il officiait aussi dans le jury du concours. Adapté du roman emblématique de Juan Rulfo, ce film, désormais disponible sur Netflix depuis le 6 novembre, explore des thèmes profonds et complexes à travers le parcours de son protagoniste, Juan Preciado. Dans cette interview, Prieto partage les défis liés à l’adaptation de cette œuvre, tout en jonglant avec ses autres projets cinématographiques majeurs.

## Rodrigo Prieto : un parcours impressionnant

Rodrigo Prieto, natif de Mexico et emblématique directeur de la photographie du cinéma contemporain, s’est fait connaître grâce à son travail sur des films marquants tels que « Babel » et « Amores Perros ». Son passage à la réalisation avec « Pedro Páramo » représente un jalon important dans sa carrière. Il a dû naviguer entre ses engagements sur d’autres productions, notamment « Barbie » et « Killers of the Flower Moon », tout en préparant son film. Prieto raconte comment il a opté pour une approche immersive en revisitant le roman et en collaborant avec les designers de production pour donner vie à l’univers de Rulfo.

## Un défi d’adaptation

L’adaptation de « Pedro Páramo » s’est révélée être une tâche difficile. Prieto a insisté sur la nécessité de respecter les thèmes sombres du livre, tels que l’inceste et la violence, malgré les réticences initiales de Netflix à produire un film classé R. « C’est une histoire complexe, et il était essentiel de rester fidèle aux réalités décrites par Rulfo », explique-t-il. Ce défi s’est ajouté à la pression des délais serrés et des contraintes budgétaires, mais Prieto a su s’entourer d’une équipe compétente pour surmonter ces obstacles.

## Une vision artistique

Prieto souligne l’importance d’une approche naturaliste pour dépeindre cette réalité troublante et surréaliste. Par exemple, les personnages vivent des situations qu’ils perçoivent comme normales jusqu’à ce qu’elles deviennent grotesques, une prémisse centrale du récit. Cette profondeur narrative est renforcée par des choix visuels audacieux, rendant l’œuvre à la fois accessible et bouleversante.

## Prieto et les enjeux culturels

Parallèlement à ses réflexions sur son film, Prieto a également partagé son appréciation critique du film « Emilia Perez », évoquant une représentation inauthentique de la culture mexicaine. Il a exprimé son désaccord concernant le choix de non-Mexicains dans des rôles clés de production, insistant sur l’importance des détails pour une représentation juste.

En conclusion, Rodrigo Prieto marque les esprits avec son premier film en tant que réalisateur, apportant son expertise et sa sensibilité culturelle à un récit visuellement et émotionnellement captivant. Avec « Pedro Páramo », il promet de continuer à enrichir le paysage audiovisuel mexicain, tout en abordant des thèmes complexes et universels.

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Mikael Buxton

Mikaël Buxton est fan de séries télé depuis l’enfance. Il a lancé Series-80.net en 2003 pour partager sa passion des séries cultes des années 70, 80, 90 et début 2000. Aujourd’hui, il continue de faire vivre ces souvenirs en écrivant sur leurs retours, reboots, et secrets de tournage.