Allez-vous le regarder ou le zapper ?

Découvrez The Covenant, le dernier film de Guy Ritchie (disponible en streaming sur des services VOD comme Amazon Prime Video). Un titre qui le différencie des autres films portant le même nom, généralement axés sur la religion ou l’horreur. Pourtant, Ritchie prend ici une direction créative radicalement différente de ce à quoi il nous a habitués. Ce film est loin de ressembler à ses précédentes réalisations telles que Snatch. Il met en scène Jake Gyllenhaal dans le rôle d’un sergent de l’armée lors de la guerre en Afghanistan, aux côtés de l’interprète afghan Dar Salim. Une histoire de courage et d’honneur qui saura captiver un large public, y compris les plus sceptiques.
L’histoire :
Le film commence par un texte expliquant comment l’armée américaine a utilisé 50 000 interprètes pour aider les soldats au sol pendant les 20 ans d’occupation en Afghanistan. En mars 2018, le sergent John Kinley (Gyllenhaal) dirige une équipe de forces spéciales chargée de repérer et de neutraliser les caches d’armes des talibans. Lors d’un contrôle, une situation suspecte se présente : un Afghan à bord d’un camion refuse une fouille, puis semble s’éloigner lentement de son propre véhicule. Celui-ci explose et tue l’un des soldats de Kinley ainsi qu’un interprète.
De retour à la base, Kinley cherche un nouvel interprète parmi une demi-douzaine de candidats. Ils doivent être expérimentés, aguerris et prêts au combat pour pouvoir assurer leurs arrières. “En gros, on cherche les ennuis”, explique Kinley à Ahmed (Salim). Celui-ci est d’accord. Il parle quatre langues, connaît beaucoup de monde et sait réparer n’importe quel moteur. Ahmed est franc : il a besoin d’argent. Mais c’est aussi un atout essentiel lorsque les ennuis arrivent. Lors de leur première mission, Ahmed se détache du scénario établi, refusant de suivre les ordres de Kinley à la lettre. Il lui dit franchement que ses informations sont mauvaises, et il a raison. Ils échangent quelques mots, toujours sur un ton impassible. Entre eux, ils ont vécu bien des choses. Ahmed révèle avoir autrefois été un trafiquant d’héroïne avec son frère, mais les talibans ont tué son fils et sa loyauté a changé. Il est maintenant marié et sa femme est enceinte. Lors de leur deuxième mission, Ahmed repère une taupe au sein de l’unité de Kinley, sauvant tout le monde d’une embuscade. La confiance est établie entre les deux hommes.
Pour leur troisième mission, les choses se présentent bien. Kinley conduit le groupe vers une ancienne mine où les talibans conservent un arsenal important. Tout se passe bien jusqu’à ce que la situation dégénère. De plus en plus de combattants talibans arrivent et même si leur précision au tir laisse à désirer, Kinley et Ahmed éliminant sans aucune difficulté leurs ennemis, cela devient trop pour eux. Nos deux compères descendent la montagne et essaient de trouver le chemin du retour vers la base, poignardant et étouffant des talibans quand le silence est de rigueur, et campant pendant une nuit ou trois. Tout semble rentrer dans l’ordre, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent dans une situation délicate. Kinley est touché par une balle, puis une autre, et finalement assommé par la crosse d’un fusil. Mais où est Ahmed ? Attendez un instant. Il est à proximité. Avez-vous déjà douté de lui ? Non ? Et bien, vous avez eu raison.
Photo: Everett Collection
À qui cela pourrait-il rappeler d’autres films :
The Covenant est bien éloigné des sorties récentes et légères de Guy Ritchie, telles que Operation Fortune et Wrath of Man. Le réalisateur réussit ici à surpasser Peter Berg dans son propre domaine des drames d’action en temps de guerre au désert du 21e siècle – Berg a réalisé The Kingdom et Lone Survivor. Il propose également une métaphore du retrait catastrophique des États-Unis d’Afghanistan en 2021, comme l’a si terrifiante ment capturé le documentaire Escape from Kabul en 2022.
Une performance à ne pas manquer :
Nous sommes tous conscients de l’intensité des performances de Gyllenhaal, légendaires avec des films tels que Nightcrawler, Enemy, Prisoners, Jarhead, Zodiac, et la liste est longue. Son jeu d’acteur dans The Covenant est à la hauteur, mais Salim est également une révélation, tenant parfaitement tête à Gyllenhaal grâce à son talent, permettant à chacun d’approfondir son personnage.
Ce que l’on retient :
Ahmed joue avec les mots :
Kinley : Tu dépasses les limites, Ahmed. Tu es ici pour traduire.
Ahmed : En réalité, je suis ici pour interpréter.
Notre avis : Il est intéressant de constater que Ritchie n’inclut jamais dans The Covenant l’une de ses séquences cultes – un flash-forward avec narration off au cours duquel le chef expose le plan tout en voyant les joueurs mettre en place les éléments de la situation. Cette extravagance stylistique aurait été déplacée dans un contexte aussi imprévisible et volatile que l’Afghanistan. Ritchie aurait compromis sa crédibilité en tant que conteur capable de prendre au sérieux un conflit international tragique comme la guerre en Afghanistan. Bien que ses protagonistes réalisent souvent des actes de bravoure dignes des plus grands héros de films d’action, il s’agit clairement de son effort le plus direct, avec un style réaliste, des performances solides et plusieurs séquences d’action intenses.
La dynamique ici réside dans notre investissement dans la survie de Kinley et Ahmed – ce sont des hommes bons, des hommes de famille, avec des convictions simples. Ritchie ne s’intéresse pas à la politique de la situation, une guerre sans espoir qui a coûté la vie à de nombreux soldats et qui, au final, n’a guère été couronnée de succès. Il s’agit essentiellement d’une histoire de camaraderie entre deux compagnons improbables qui se sauvent mutuellement la mise, et le scénario traite du traumatisme psychologique qu’ils endurent. Enfin, du moins pour Kinley, puisque sa situation ressemble à celle des citoyens afghans lors du retrait raté des États-Unis. Le message est sincère, bien que peu profond. La métaphore politique est un peu faible et l’aptitude de Ritchie à mettre en scène des fusillades et des attaques est bien meilleure que sa capacité à faire des commentaires politiques poignants. Mais son regard reste tourné vers les personnes présentes sur le terrain, et c’est peut-être son message : dans cette situation et dans la vie réelle, notre soutien doit aller vers elles.
Notre avis final : The Covenant est un thriller de guerre moderne solide qui nous tient en haleine pendant deux heures. À VOIR et félicitations à Ritchie pour sa diversification cinématographique.
Source : decider.com
