Chloé Domont, réalisatrice de “Fair Play”, parle du consentement et de la fin choquante – Rolling Stone

Faites la connaissance de la réalisatrice Chloe Domont, dont le premier long métrage, Fair Play, est sur le point de sortir après avoir suscité l’enthousiasme et déclenché une guerre des enchères à Sundance qui s’est soldée par un achat de 20 millions de dollars par Netflix. Dans cet article, vous découvrirez les coulisses de la création de ce thriller psychologique sexy, ainsi que les motivations et les inspirations de la réalisatrice.
Une exploration de l’ego masculin fragile et des dynamiques de pouvoir
Le film raconte l’histoire d’Emily et Luke, un couple travaillant dans un fonds d’investissement, dont la relation se détériore lorsque Luke découvre que sa promotion a été accordée à Emily. Dès lors, Luke entreprend un voyage sombre et violent pour reprendre le contrôle. Pour Chloe Domont, il était important d’explorer les dangers de l’infériorité masculine et de montrer comment les femmes doivent parfois se battre pour survivre. L’ego masculin fragile est au cœur du récit, avec des performances remarquables de Phoebe Dynevor et Alden Ehrenreich, qui ont accepté de jouer des rôles qui ne sont pas dans leur registre habituel.
Un processus de réalisation intense et exigeant
Avant de réaliser Fair Play, Chloe Domont a fait ses preuves en réalisant plusieurs courts métrages et en travaillant sur des séries télévisées. Elle a pu compter sur le soutien de la société de production T-Street, dirigée par Rian Johnson, et a bénéficié des conseils de Karina Longworth, journaliste et animatrice de podcast. Le tournage du film a été épuisant, avec des semaines de répétitions intensives et un tournage de 28 jours en Serbie, suivi de deux jours à New York pour les extérieurs. Mais le résultat est un thriller palpitant et tendu qui a fait parler de lui depuis sa première à Sundance.
Des acteurs courageux et un casting contre-nature
Chloe Domont a pris le risque de choisir des acteurs qui sortaient de leur registre habituel pour incarner les personnages principaux. Alden Ehrenreich, habituellement vu dans des rôles sympathiques, a su apporter une dimension d’insécurité et de vulnérabilité à son personnage. Quant à Phoebe Dynevor, connue pour son rôle de parangon de chasteté dans Bridgerton, elle a su montrer une facette plus complexe et féroce. Malheureusement, certains acteurs masculins ont eu peur d’endosser ces rôles sombres et contemporains, craignant que cela n’altère leur image publique.
Le manque de films osés et divertissants dans le paysage cinématographique actuel
Chloe Domont aborde également la question de l’évolution du cinéma et du manque de films érotiques et provocants dans le style des thrillers des années 90. Elle souligne le fossé entre les films purement divertissants et ceux qui abordent des sujets difficiles, souvent difficiles à regarder. Pour elle, il est possible de combiner des sujets complexes avec un divertissement captivant, en prenant les spectateurs par la main et en les emmenant dans des territoires inexplorés.
Une nouvelle voix féminine dans un monde financier masculin
Enfin, Chloe Domont revient sur le fait que le monde de la finance reste très masculin, même si des femmes y occupent des postes importants. Elle souligne que le mouvement #MeToo n’a jamais touché ce domaine et que les dynamiques de genre et de pouvoir y sont encore obsolètes. Fair Play donne une place centrale à un personnage féminin fort, permettant ainsi à Chloe Domont de mettre en lumière ces réalités.
Les projets futurs de Chloe Domont
En conclusion, Chloe Domont évoque ses projets futurs, notamment un film indépendant dans un genre totalement différent. Elle se dit prête à continuer de poser des questions difficiles au public et à créer des films provocants. Une réalisatrice à suivre de près.
Au final, Chloe Domont se fait entendre avec Fair Play, un film qui allie audace et divertissement, tout en explorant les dynamiques de pouvoir et l’ego masculin fragile. À travers des performances captivantes et un récit palpitant, la réalisatrice prouve qu’elle est une voix nouvelle et talentueuse dans l’industrie cinématographique.
Source : www.rollingstone.com
