Critique de ‘Lessons in Chemistry’ : Brie Larson incarne avec passion et détermination son personnage

Titre : Lessons in Chemistry : une série TV d’Apple TV+ qui aborde la lutte pour les droits des femmes dans les années 1960
Une série TV divertissante et essentielle
La série TV en huit parties intitulée “Lessons in Chemistry” pourrait sembler ennuyeuse et scolaire, mais détrompez-vous. Bien que les changements tonals du comique au catastrophique perturbent trop souvent son élan, cette série vivante aborde le sujet de la lutte pour les droits des femmes dans les années 1960 avec humour, émotion et importance.
Une performance remarquable de la part de Brie Larson
Brie Larson, lauréate d’un Oscar pour son rôle dans “Room” et actrice de renom en tant que Captain Marvel, apporte du cœur, de l’âme et une détermination farouche au personnage d’Elizabeth Zott, une femme en avance sur son temps qui se bat pour sortir des restrictions d’un monde soi-disant masculin. Lorsque nous rencontrons Elizabeth pour la première fois, elle est une technicienne de laboratoire en difficulté dans le Los Angeles des années 1950, où les hommes en position de pouvoir la maintiennent dans la soumission. Son insistance pour que les portes restent ouvertes est motivée par un passé où elle a été agressée au travail et où ses plaintes de harcèlement sexuel par un collègue masculin sont restées sans réponse.
Une amitié et une passion communes
Son collègue Calvin Evans, joué avec intelligence et maladresse charmante par Lewis Pullman (“Top Gun: Maverick”), est une exception. Son talent et son humour piquant sont à la hauteur des siens. Ils emménagent ensemble, adoptent un chien qu’ils appellent Six Trente et décident de ne jamais avoir d’enfants, préférant se consacrer à la chimie et à des exercices d’aviron pendant leurs rares moments libres.
Un tournant tragique et un nouveau départ
Un accident tragique vient gâcher leur fin heureuse, laissant Elizabeth seule, célibataire, enceinte et exclue, bien sûr, par les hommes, de sa participation à la découverte chimique qu’elle a développée avec Calvin pour la chauviniste Hastings Research Company. Par nécessité, elle décide d’accepter une offre en apparence improbable : animer une émission de cuisine télévisée locale intitulée “Supper at Six”, en utilisant la chimie comme guide et l’autonomisation des femmes comme ingrédient secret.
Un drame fictif basé sur des expériences réelles
À ce stade, vous vous demandez peut-être si “Lessons in Chemistry” est une histoire vraie. Ce n’est pas le cas. Le livre est une fiction, le premier roman de Bonnie Garmus, qui avait 65 ans à l’époque, une rédactrice publicitaire expérimentée avec un intérêt autodidacte pour la chimie et l’aviron, qui a également fait l’expérience du sexisme de première main. Son empathie transparaît dans son livre et dans la série TV, développée par Lee Eisenberg (“The Office”) avec les scénaristes Elissa Karasik (“Loki”) et Emily Fox (“Zoey’s Extraordinary Playlist”).
Quelques ajouts superflus
Il est dommage que la version en streaming ait ajouté beaucoup d’éléments qui ne figuraient pas dans le livre de Garmus, notamment une intrigue impliquant Elizabeth et une voisine noire, Harriet (Aja Naomi King), qui l’implique dans le mouvement des droits civiques. Un sujet louable, qui étend l’activisme social de la série au-delà des problèmes blancs, mais il est développé de manière trop superficielle pour être plus qu’une simple distraction. Il y a aussi un épisode entier raconté de manière fantaisiste par le chien Six Trente (la voix de B.J. Novak). Même Calvin apparaît en tant que fantôme bienveillant. Ensuite, il y a le temps consacré à Madeline alors qu’elle enquête sur les racines du père qu’elle n’a jamais connu et sur la famille qui l’a élevé. Ce qu’elle découvre est trop bien rangé et sentimental pour être convaincant.
Une protagoniste fascinante et inspirante
Heureusement, Larson joue constamment contre la sentimentalité inscrite dans le scénario et nous permet de voir Elizabeth en train de s’inventer en tant que femme qui sourit seulement quand elle en a envie, qui refuse de se complaire auprès des sots et qui ne renonce jamais à son ambition de poursuivre ses objectifs, malgré l’idée dominante de l’époque selon laquelle la place d’une femme est à la maison. L’idée d’Elizabeth de transformer sa cuisine en laboratoire défie avec hilarité les exigences de son odieux directeur d’émission, joué de manière hilarante par Rainn Wilson en sexiste incarné. Il s’offusque lorsque chaque émission se termine par la phrase “Les enfants mettent la table, votre mère a besoin d’un moment pour elle”.
Dans ses moments de solitude, Elizabeth donne une leçon actuelle et intemporelle de féminisme sans détour. Et Larson se connecte à son rôle de tout son être. Voilà ce que j’appelle une véritable leçon de chimie.
Source : www.goodmorningamerica.com
