Critique de Red, White and Royal Blue : une romance gay fade optant pour le beige | Films romantiques

Red, White and Royal Blue est une comédie romantique de la plateforme Amazon qui vise à montrer que les histoires d’amour homosexuelles peuvent être aussi simples et mielleuses que les histoires hétérosexuelles. Cependant, malgré ses bonnes intentions, le film se révèle être plutôt fade et sans saveur, rappelant les téléfilms de Noël diffusés sur Hallmark. Si l’émergence progressive d’histoires gays a su nous offrir des films populaires tels que Love, Simon, Bros et Happiest Season, qui célèbrent les romances homosexuelles sur grand écran, Red, White and Royal Blue semble plus proche du film insipide Spoiler Alert de l’année dernière et des films de Noël gays produits pour la télévision, tels que Single All the Way et The Christmas Setup.

Il s’agit d’une histoire d’amour hypothétique entre le prince Henry d’Angleterre (interprété par Nicholas Galitzine) et Alex (joué par Taylor Zakhar Perez), le fils du président des États-Unis (Uma Thurman). Ils passent de la haine à la fascination pour finalement tomber amoureux, mais divers obstacles les empêchent de vivre leur amour au grand jour. Malheureusement, les moments romantiques manquent de passion et les moments dramatiques ne sont jamais vraiment bouleversants.

Une adaptation qui manque de piquant

Ce qui est le plus déconcertant, c’est que le célèbre dramaturge Matthew Lopez, à la fois scénariste et réalisateur, se retrouve sans cesse tiraillé entre le film qu’il souhaite réaliser et le film qu’il aurait pu créer. Le livre d’origine était connu pour ses scènes de sexe explicites, mais le film reste pour la plupart chaste, à l’exception d’une séquence et de quelques blagues osées qui lui donnent brièvement une touche plus adulte. Paradoxalement, bien que le film se déroule dans un univers factice et à petit budget, il fait l’effort d’utiliser de vrais présentateurs de journaux télévisés, tels que Rachel Maddow et Joy Reid, ainsi que de vrais journaux, notamment… le Guardian. Une scène ridicule montre même la Maison Blanche avec une décoration de réveillon du Nouvel An bon marché dans le jardin, ce qui est plutôt décalé par rapport au reste du film.

Une romance qui manque de tension

La relation entre les deux protagonistes passe de légèrement tendue à très fluide, et revient ensuite à un niveau de tension acceptable, mais sans jamais nous offrir de véritable conflit palpitant. Les acteurs, quant à eux, peinent à créer une alchimie convaincante. Taylor Zakhar Perez est le plus charismatique des deux, mais il semble que leur alchimie ne soit pas suffisante pour compenser le caractère prévisible du scénario. Le film ne parvient pas à sortir du carcan de la romance conventionnelle, tout en manquant de l’excitation et de l’énergie nécessaires pour nous tenir en haleine.

Il ne revient pas au cinéma gay, ni à aucun autre groupe minoritaire, d’être nécessairement plus substantiel et socialement engagé que le cinéma hétérosexuel. Les spectateurs gays devraient avoir le droit de rire et de pleurer devant les mêmes histoires romantiques échappatoires que le reste du public. Cependant, Red, White and Royal Blue ne parvient pas à être la comédie divertissante et sans prise de tête qu’il aurait pu être, bien que l’on puisse saluer ses bonnes intentions.

Source : www.theguardian.com

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Mikael Buxton

Mikaël Buxton est fan de séries télé depuis l’enfance. Il a lancé Series-80.net en 2003 pour partager sa passion des séries cultes des années 70, 80, 90 et début 2000. Aujourd’hui, il continue de faire vivre ces souvenirs en écrivant sur leurs retours, reboots, et secrets de tournage.