Les 50 meilleures séries TV de 2023 : N°6 – The Last of Us | Télévision & radio
The Last of Us : une révélation inattendue
Peut-on considérer une série comme l’une des meilleures de l’année, tout en étant un présage de la chute de la télévision ? Sur le papier, The Last of Us semble incarner tout ce qui ne va pas à la télévision à l’heure actuelle, alors qu’elle quitte son âge d’or pour entrer dans une ère de productions de masse. Une adaptation d’un jeu vidéo, sur le thème éculé de l’horreur, les morts-vivants. Produite par HBO, une chaîne autrefois synonyme de drames de qualité, mais aujourd’hui plus préoccupée par les dérivés de franchises comme House of the Dragon et le prochain revival d’Harry Potter. C’est pourtant pourquoi il ne faut jamais juger une série à sa simple description.
La série The Last of Us aurait pu, en théorie, remplir toutes les conditions énoncées ci-dessus, mais elle s’est révélée être un formidable succès qui peut rivaliser avec les plus grandes séries de l’âge d’or de la télévision. Elle a su mélanger des scènes d’action spectaculaires à des moments intimes, devenant ainsi un drame familial déguisé en un blockbuster intelligent et profondément humain.
Une apocalypse crédible
Bien que la série démarre de manière apocalyptique, avec des scènes familières de foules paniquées, d’avions écrasés, de soldats dans les rues, elle a su donner une certaine crédibilité à ces éléments. Les réactions des personnes piégées dans ce chaos et cette terreur semblaient parfaitement authentiques, ce qui a permis à la série de se distinguer du reste. De plus, les créateurs ont utilisé avec parcimonie les éléments les plus fantastiques, rendant ainsi chaque épisode particulièrement captivant.
Réalisme et profondeur des personnages
L’authenticité de la série était également due à l’œuvre originale de Neil Druckmann. En effet, cette adaptation a su donner une nouvelle profondeur aux intrigues et aux personnages déjà bien développés dans le jeu vidéo. En collaboration avec Craig Mazin, la série a su créer une atmosphère logique et ancrée dans la réalité, malgré les éléments sombres qu’elle véhicule.
Des moments sombres contrebalancés par l’humanité
La série n’a pas hésité à traiter de thématiques sombres, avec des dictatures militaires, des milices impitoyables et même une horde de cannibales dirigée par un chef de culte pédophile. Malgré cela, chaque personnage, aussi répréhensible soit-il, avait une logique sous-jacente. De plus, les deux personnages principaux, Joel et Ellie, interprétés respectivement par Pedro Pascal et Bella Ramsey, ont su faire ressentir une véritable relation, alimentée par de petits gestes et des regards remplis de sens. Ce qui a permis à la série de gagner en profondeur et en émotion.
Des idées audacieuses
La série a également su se démarquer avec un troisième épisode, qui a abandonné l’intrigue principale pour raconter une histoire indépendante et touchante. Ce choix audacieux a permis à The Last of Us de s’imposer comme une série riche et profonde, loin de signifier la fin de la télévision telle que nous la connaissons.
Source : www.theguardian.com
