Saison 2 de “Heartstopper” regardée par des adolescents LGBTQ.

Saison 2 de “Heartstopper” regardée par des adolescents LGBTQ.

Le succès de la série britannique “Heartstopper” est indéniable. Basée sur les webcomics d’Alice Oseman, cette série de Netflix suit une relation amoureuse entre deux lycéens, Charlie (Joe Locke) et Nick (Kit Connor), entourés par un groupe d’amis comprenant une jeune femme trans, Elle (Yasmin Finney), et un couple lesbien, Tara (Corinna Brown) et Darcy (Kizzy Edgell). La première saison de cette série agréable et pétillante a accumulé 24 millions d’heures de visionnage lors de sa première semaine, selon Netflix, et a reçu des critiques élogieuses de la part des critiques. Mais est-ce que cela reflète vraiment la réalité des adolescents britanniques LGBTQ+ ?

L’importance de la représentation

Pour de nombreux adolescents, “Heartstopper” est bien plus qu’une simple série, c’est une source de réconfort. Sharan Sahota, 16 ans, explique : “C’est probablement la seule série qui me fait me sentir bien”. Sharan, qui s’identifie comme pansexuel, a été “outé” à l’école dès un jeune âge, donc voir un événement similaire représenté dans “Heartstopper” l’aide à se sentir moins seule. “Si ces personnages peuvent s’en sortir et être heureux, alors je peux aussi le faire”, témoigne-t-elle.

L’intérêt de “Heartstopper” réside sans doute dans sa capacité à traiter de manière réaliste les problématiques liées à l’identité et à l’orientation sexuelle des jeunes. Lors d’une soirée de visionnage organisée par la fondation Mosaic L.G.B.T.+ Young Persons’ Trust, trois adolescents – Sharan Sahota, Oscar Wittams-Nangle et Ari Michaluk – ont discuté de la pertinence et de l’exactitude de la série, ainsi que de sa représentation surprenamment pudique de la sexualité.

Le coming-out à l’ère numérique

Si le coming-out est toujours une réalité pour de nombreux adolescents, il peut prendre différentes formes à l’ère numérique. Selon Ari, beaucoup d’adolescents ressentent encore une pression à se dévoiler, surtout auprès de leurs parents. Oscar, quant à lui, estime que cette pression vient souvent des autres, plutôt que d’un besoin personnel de se dévoiler. Sharan, qui a été confrontée à cette situation dès son plus jeune âge, souligne qu’une fois que l’on est “outé”, le monde extérieur devient souvent une vitrine transparente. Toutefois, elle explique que lorsque l’on change d’environnement, il devient souvent inutile de se présenter à nouveau.

Les adolescents estiment que la série pourrait donner un message plus réaliste en montrant qu’il n’est pas nécessaire de se définir publiquement. On peut simplement être soi-même et vivre une relation sans avoir besoin de le dire à tout le monde.

Une représentation authentique

Un point fort de “Heartstopper” réside dans son authentique représentation de la vie quotidienne des personnes LGBTQ+. Selon Ari, de nombreux films et séries mettent l’accent sur le drame et le tragique, tandis que “Heartstopper” se concentre davantage sur les conversations et les résolutions de problèmes. Oscar ajoute que la série échappe à une vision purement sexuelle de la sexualité et explore plutôt l’identité et le sentiment d’appartenance à une communauté. Il admet cependant que certains aspects sont peut-être “édulcorés”, mais souligne que la série ne prétend pas être un portrait exhaustif de la réalité.

Les adolescents sont conscients des limites de la représentation dans “Heartstopper”. Par exemple, le personnage d’Elle ne montre pas sa transition à l’écran, ce qui ne reflète pas nécessairement les obstacles auxquels de nombreuses personnes transgenres sont confrontées dans la réalité. De plus, ils remarquent que les deux personnages principaux sont des garçons cisgenres blancs, ce qui peut donner une vision limitée de la diversité de l’expérience LGBTQ+.

Du rêve à la réalité

Malgré ces limites, les adolescents estiment que “Heartstopper” est une série qui peut inspirer et offrir un espoir. Selon eux, elle présente une réalité idéalisée, où les parents et les amis sont compréhensifs et où les élèves peuvent s’exprimer librement. Oscar avoue qu’il aurait aimé que son école ressemble à celle de la série, tandis que Ari note avec humour que les scènes de baisers entre les deux personnages principaux dans l’environnement scolaire sont parfois irréalistes.

Au final, “Heartstopper” apporte une représentation importante de la réalité des adolescents LGBTQ+, même si elle ne peut pas couvrir toutes les expériences individuelles. La série offre une vision optimiste et respectueuse, qui peut aider de nombreux adolescents à se sentir moins seuls dans leur cheminement vers l’acceptation de soi et l’amour.

Source : www.nytimes.com

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Mikael Buxton

Mikaël Buxton est fan de séries télé depuis l’enfance. Il a lancé Series-80.net en 2003 pour partager sa passion des séries cultes des années 70, 80, 90 et début 2000. Aujourd’hui, il continue de faire vivre ces souvenirs en écrivant sur leurs retours, reboots, et secrets de tournage.