Une série Netflix retrace le massacre policier des enfants des rues au Brésil

Le massacre de la Candelária, l’un des événements les plus tragiques de l’histoire de la violence policière au Brésil, continue de résonner dans la mémoire collective 31 ans après sa survenue. À l’occasion de la sortie de la série “Children of the Church Steps” sur Netflix, l’histoire de ce drame, qui a coûté la vie à huit jeunes, est mise en lumière, suscitant des réflexions sur le racisme systémique et l’impunité qui perdurent au sein des forces de sécurité brésiliennes. Découvrez comment cette tragédie et ses conséquences font encore écho aujourd’hui.
## Retour sur le massacre de 1993
Le 23 juillet 1993, un groupe d’enfants et de jeunes adultes, âgés de 11 à 19 ans, dormait devant l’église Nossa Senhora da Candelária à Rio de Janeiro lorsqu’ils furent sauvagement abattus par des policiers. Cet acte de violence, souvent qualifié de massacre, représente un somment tragique de la brutalité policière au Brésil, révélant les préjugés profondément ancrés dans la société.
### L’héritage du crime
Patrícia de Oliveira, membre du groupe “Candelária Never Again”, souligne à quel point la violence à l’encontre de ce mémorial symbolique témoigne de l’esprit impuni qui entoure ce crime. Malgré la présence de caméras de surveillance, aucune responsabilité n’a jamais été établie pour les destructions successives de la croix érigée en hommage aux victimes. Cette suggestion d’un nécessaire nettoyage social persiste à alimenter une culture de la violence.
## Une série qui revisite le passé
La série “Children of the Church Steps”, qui suit les événements tragiques qui ont précédé le massacre, permet de donner une voix aux enfants victimes et d’explorer leurs histoires. Inspirée par des témoignages de familles touchées, la série met en avant le parcours d’Erica Nunes, une survivante devenue maintenant fervente activiste pour les droits des jeunes.
### Un récit à travers les yeux des victimes
Luis Lomenha, le créateur de la série, a voulu aborder ces récits du point de vue des victimes, en visant à restaurer leur humanité et leur enfance. En présentant les scènes de rêve et d’innocence avant l’arrivée de la violence, la série cherche à provoquer une réflexion sur la lutte systématique contre les jeunes défavorisés à Rio de Janeiro.
## Violence policière : un héritage troublant
Les actes de violence policière ne se sont pas arrêtés après le massacre de Candelária. Comme l’indique l’anthropologue Luiz Eduardo Soares, les forces de police de Rio perpétuent une tradition de violence qui remonte à l’époque d’esclavage. Malgré les promesses de réforme après des événements tragiques, comme le massacre de Vigário Geral et les opérations meurtrières à Jacarezinho, rien n’a fondamentalement changé.
### Une société en quête de justice
Patrícia de Oliveira met l’accent sur le fait que les attitudes sociétales n’ont guère évolué. Elle rapporte des commentaires en ligne qui appellent à des massacres similaires, illustrant une profonde déshumanisation des victimes et une approbation tacite de la violence policière. Avec des parallèles évidents entre le passé et le présent, la société brésilienne fait face à un défi critique pour remédier aux injustices et construire un avenir plus équitable.
En revisitant le massacre de Candelária à travers des œuvres comme “Children of the Church Steps”, il est crucial de rappeler la nécessité de justice pour les victimes et d’une réflexion sur les valeurs sociétales qui permettent la perpétuation de la violence. Les défis demeurent, mais la prise de conscience et l’engagement communautaire sont essentiels pour changer les choses.
