Critique : The Creator – Films d’exception

Critique : The Creator – Films d’exception

Le film The Creator, porté par les idées ambitieuses de son réalisateur, est malheureusement desservi par un scénario faible qui ne parvient pas à convaincre. La qualité de la cinématographie, réalisée avec un budget impressionnant de 80 millions de dollars en comparaison des superproductions habituelles, témoigne du talent visuel de Gareth Edwards, qui n’en est pas à son premier coup d’essai. En effet, depuis son premier film Monsters, qu’il a réalisé chez lui en créant lui-même les effets spéciaux, il a su s’imposer avec des films remarquables tels que Godzilla et Rogue One. Avec The Creator, il s’attaque pour la première fois depuis Star Wars à une histoire originale, bien que le terme “original” soit utilisé de manière très approximative.

Un univers riche mais sans profondeur

The Creator nous plonge dès le départ dans un monde riche en lore. L’intelligence artificielle a été créée en avance sur son planning et est devenue incontrôlable. Le système censé protéger l’humanité a échoué et une bombe nucléaire a détruit une grande partie de Los Angeles. Dans les ruines, l’Amérique et une grande partie de l’Occident mènent une guerre contre l’intelligence artificielle, avec l’aide d’une super arme volante NOMAD. Quant à l’Asie, elle rejette la condamnation de l’Occident envers l’IA. Le film affiche clairement son positionnement anti-impérialiste américain, mais malheureusement il manque de profondeur pour le soutenir. Tout reste en surface.

Un scénario sans direction claire

Le protagoniste Joshua, interprété par John David Washington, vit sous une fausse identité avec sa femme Maya (Gemma Chan). Mais leur tranquillité est brisée lorsque les forces spéciales croient avoir trouvé le chef de l’IA et Maya meurt. Quelques années plus tard, Joshua est rappelé dans la guerre pour trouver une super arme IA chargée d’éliminer l’humanité, afin de l’éliminer avant qu’elle ne fasse disparaître l’humanité. Mais rien n’est aussi simple qu’il n’y paraît et Joshua se retrouve bientôt en fuite avec un enfant, qui détient le destin de la planète entre ses mains. L’histoire du film rappelle fortement d’autres films de science-fiction abordant le thème de l’IA, tels que Elysium et Alita : Battle Angel. Cependant, le script manque de clarté et ne parvient pas à se dérouler de manière fluide.

Une tentative d’impressionner sans réel impact

Le script de The Creator cherche constamment à créer un sentiment de but sans vraiment parvenir à convaincre. Le film présente les Américains comme les méchants, mais n’approfondit pas suffisamment cette idée. Dans le contexte d’une bataille hollywoodienne contre l’intelligence artificielle, il aurait pourtant été nécessaire de donner une raison convaincante de soutenir cette dernière. Malheureusement, The Creator ne fait rien de plus que ce que nous avons déjà vu. Les moments les plus émouvants du film, où Joshua explique à l’enfant IA qu’il ne pourra pas accéder au paradis réservé aux bonnes personnes, et où Alphie déclare qu’elle n’est pas une personne, constituent des moments forts mais ne suffisent pas à élever le scénario. Le fait d’avoir confié la réalisation du film à Chris Weitz, scénariste du malheureux À la croisée des mondes – la boussole d’or et de Pinocchio pour Disney+, n’a peut-être pas été une si bonne idée.

Un film qui ne tient pas ses promesses

The Creator, dont le public cible est en grande partie les fans de Reddit, manque de la puissance nécessaire pour convaincre. Le scénario ne réserve aucune surprise et tente de vous attirer avec de faux rebondissements. L’identité réelle du créateur reste un mystère que l’on peut résoudre une heure avant les personnages, et les personnages manquent de profondeur, se résumant à l’idée générale que l’humanité est l’envahisseur. Joshua est le personnage qui bénéficie du plus de développement, mais l’on aurait aimé passer plus de temps avec le Colonel Howell (Allison Janney) et les autres Marines avec lesquels il collabore. Ces derniers ne sont que des caricatures évoquant Aliens de James Cameron, sans autre réel but que d’évoquer et d’imiter. On a le sentiment que le scénario a été écrit par une IA pour prouver que les IA ne sont pas sans âme. Une meilleure performance de Washington aurait peut-être pu apporter le cœur que ce film recherche, mais son jeu neutre correspond bien au personnage, bien que les idées et les croyances spirituelles de certaines IA ne soient pas suffisamment explorées. Mis à part quelques images de manifestants pacifistes abattus, tout reste en surface.

Des idées prometteuses sous-exploitées

Il y a de bonnes idées au cœur de The Creator, qui témoignent d’une véritable sensibilité artistique. Si le scénario avait été meilleur et si l’acteur principal avait proposé une interprétation plus convaincante, il y aurait eu de quoi enthousiasmer. Mais malgré les efforts visuels de qualité de Gareth Edwards et la tentative d’insuffler une nouvelle vie dans un monde hollywoodien saturé d’adaptations et de franchises, The Creator ne parvient pas à répondre aux attentes. Cependant, vous pourriez apprécier ce film davantage que moi, et je ne peux que vous encourager à saisir cette rare occasion de voir un film au cinéma hors d’une franchise établie !

Source : www.spoilertv.com

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Mikael Buxton

Mikaël Buxton est fan de séries télé depuis l’enfance. Il a lancé Series-80.net en 2003 pour partager sa passion des séries cultes des années 70, 80, 90 et début 2000. Aujourd’hui, il continue de faire vivre ces souvenirs en écrivant sur leurs retours, reboots, et secrets de tournage.