David Yates parle de Harry Potter et de la réalisation du film Netflix ‘Pain Hustlers’

David Yates parle de Harry Potter et de la réalisation du film Netflix ‘Pain Hustlers’

Accrochez-vous, car David Yates, le réalisateur britannique derrière de nombreux films Harry Potter et la série “Les Animaux Fantastiques”, nous emmène dans un tout nouvel univers avec son dernier film “Pain Hustlers”. Fini la magie de Poudlard, place à des bureaux médicaux dans des centres commerciaux anonymes. Yates a décidé de s’attaquer à un sujet plus sombre et réaliste pour explorer les méandres de la société contemporaine.

Quand la réalité rencontre le subversif

Après avoir passé autant de temps à réaliser des films sur des sorciers, Yates avait besoin de faire un film dans le monde réel, qui aborde des problématiques sociales sans être trop sérieux ni moralisateur. Il souhaitait raconter une histoire divertissante et drôle de manière subversive. Il s’éloigne ainsi de l’univers imaginé par J.K. Rowling pour plonger dans un monde excentrique et intense.

Une histoire captivante avec un message

“Pain Hustlers” suit l’ascension et la chute d’une femme d’affaires du nom de Liza Drake (interprétée par Emily Blunt) travaillant pour une start-up pharmaceutique peu scrupuleuse. Le film ne cherche pas à moraliser, même si ses personnages profitent de la vente de fentanyl, un médicament qui détruit des communautés entières. Yates veut que son récit ait un impact, mais il souhaite d’abord offrir à son public une expérience plaisante et déjantée avant de les confronter à la douleur et à la souffrance qui rendent cette vie possible. Un peu comme le dernier acte percutant de “Le Loup de Wall Street” ou de “The Big Short”, même si les protagonistes de “Pain Hustlers” sont confrontés à un autre type d’actif toxique.

“Je voulais que les spectateurs se sentent coupables”, explique Yates. “Je voulais les entraîner dans cette spirale de désir et d’ambition et puis les faire tomber avec nos principaux personnages. Je devais montrer qu’il y a des conséquences à leurs actions. Sur le plan tonal, c’était un exercice d’équilibriste.”

Une réalisation audacieuse

Le film est souvent outrageant lorsqu’il dépeint les stratagèmes illégaux mis en place par Eliza pour convaincre les médecins d’adopter les antalgiques fabriqués par son entreprise. L’intensité maniaque de l’histoire est fascinante, notamment lorsque Eliza grimpe les échelons hiérarchiques tout en noyant ses remords moraux dans l’alcool et les fêtes. Mais les premiers montages étaient encore plus délirants.

“Il y avait des versions du film qui étaient beaucoup plus drôles”, avoue Yates. “Nous avons dû adoucir cela. Si le début ou les deux tiers du film sont trop divertissants et drôles, le public peut se sentir un peu trompé lorsqu’ils arrivent à la dernière partie que nous voulons émouvante et choquante. C’est un équilibre subtil.”

Un regard lucide sur le système médical

Ce film soulève des questions délicates sur la façon dont le capitalisme a perverti le système médical aux États-Unis, où les entreprises pharmaceutiques sont plus intéressées par les bénéfices trimestriels que par l’aide aux personnes. “Nous avons un système de santé publique au Royaume-Uni qui rencontre de nombreux problèmes de financement et de ressources, mais il me semble préférable de ne pas tout résumer à une simple logique financière”, explique Yates. “Les personnes que vous soignez sont une ressource inestimable. Leur bien-être doit être une priorité plutôt que la satisfaction des actionnaires.”

Une distribution particulière

“Pain Hustlers” était à l’origine en développement chez Sony, mais le studio a décidé d’abandonner le projet après l’échec de plusieurs drames marquants au box-office. Yates et son équipe ont alors présenté le film au Festival de Cannes, où il a été acheté par Netflix. Le réalisateur sait que l’expérience de sortir “Pain Hustlers” sur une plateforme de streaming sera différente de celle d’une sortie en salles comme pour les films Harry Potter.

“Netflix a été incroyablement soutenant et passionné par le film, mais arriver à ce stade est une transition légèrement étrange”, confie Yates. “‘Pain Hustlers’ sortira en salles pendant une semaine, puis il sera disponible sur la plateforme où de nombreuses personnes le regarderont. Je vais regretter cet espace cinématographique imposant, car j’adore être dans une salle de cinéma.”

Source : variety.com

Avatar photo

Mikael Buxton

Mikaël Buxton est fan de séries télé depuis l’enfance. Il a lancé Series-80.net en 2003 pour partager sa passion des séries cultes des années 70, 80, 90 et début 2000. Aujourd’hui, il continue de faire vivre ces souvenirs en écrivant sur leurs retours, reboots, et secrets de tournage.