Le destin de Richard Sackler et Purdue Pharma dans l’histoire vraie de “Painkiller” sur Netflix

Le destin de Richard Sackler et Purdue Pharma dans l’histoire vraie de “Painkiller” sur Netflix

Découvrez la série Netflix “Painkiller” qui plonge dans les origines et les conséquences de la crise des opioïdes. Matthew Broderick incarne Richard Sackler, ancien président de Purdue Pharma, le géant pharmaceutique responsable de la commercialisation intensive de l’OxyContin. Dans cet article, nous vous dévoilons l’histoire vraie derrière “Painkiller” ainsi que les dernières informations sur Purdue Pharma et la famille Sackler.

La série “Painkiller” s’inspire du travail de deux journalistes d’investigation : Patrick Radden Keefe, auteur de l’article du New Yorker intitulé “La famille qui a construit un empire de la douleur”, et Barry Meier, auteur du livre “Pain Killer : Un empire de tromperie et l’origine de l’épidémie d’opioïdes en Amérique”. Les deux auteurs sont d’ailleurs impliqués dans la série en tant que producteurs exécutifs et consultants. L’article de Patrick Radden Keefe explore l’histoire de la famille Sackler qui a racheté Purdue Pharma, une société basée à Stamford, Connecticut, et à l’origine du développement de l’OxyContin. Les Sackler ont été classés par Forbes parmi les familles les plus riches d’Amérique.

Arthur Sackler, neveu de Richard Sackler, a joué un rôle précurseur dans la crise des opioïdes grâce à ses techniques publicitaires révolutionnaires dans les années 1960. À la fois médecin et publicitaire, Arthur avait une intuition à la Don Draper pour l’alchimie du marketing. Il a compris qu’il fallait séduire non seulement le patient, mais aussi le médecin qui prescrit l’ordonnance. Pour vendre de nouveaux médicaments, il a conçu des campagnes de marketing directement adressées aux cliniciens, avec des publicités percutantes dans les revues médicales et de la documentation distribuée dans les cabinets médicaux. Il a également sollicité des experts pour promouvoir ses produits et a cité des études scientifiques souvent financées par les entreprises pharmaceutiques elles-mêmes.

Richard Sackler, le neveu d’Arthur Sackler, est devenu président de Purdue Pharma en 1999. Sous sa direction, l’OxyContin a été approuvé par la FDA en 1995, sans avoir fait l’objet d’études cliniques sur sa nature potentiellement addictive. Purdue Pharma a lancé une vaste campagne publicitaire visant à modifier les habitudes de prescription des médecins. Richard Sackler a travaillé sans relâche pour faire de l’OxyContin un blockbuster. Des documents internes de Purdue Pharma montrent que Richard Sackler a soutenu une décision de l’entreprise de ne pas corriger une mauvaise perception selon laquelle l’OxyContin était moins puissant que la morphine, alors qu’il était en réalité deux fois plus fort. Purdue Pharma a financé des recherches et rémunéré des médecins pour soutenir l’idée que les craintes liées à la dépendance aux opioïdes étaient exagérées et que l’OxyContin pouvait traiter en toute sécurité un large éventail de maux. Des millions de patients ont trouvé ce médicament essentiel pour soulager une douleur atroce, mais beaucoup sont devenus tellement accros qu’ils ont connu un sevrage douloureux entre les doses.

En 2020, près de 75% des 91 799 décès par surdose de drogue aux États-Unis ont impliqué un opioïde, selon les Centers for Disease Control and Prevention. Des études des National Institutes of Health indiquent que la dépendance aux opioïdes sur ordonnance peut entraîner une dépendance aux drogues illicites. Au cours des deux dernières décennies, environ 300 000 Américains sont morts d’une overdose de médicaments antidouleur sur ordonnance, rapporte The Guardian.

La série “Painkiller” met en scène le personnage fictif de Glen Kryger, interprété par Taylor Kitsch, qui représente les victimes de la crise des opioïdes. Glen est un mécanicien blessé au travail et sombre progressivement dans l’addiction tout au long des six épisodes. Le réalisateur de la série, Pete Berg, connu pour “Friday Night Lights”, affirme que Glen représente les “tens of thousands” de personnes touchées par la crise des opioïdes.

En ce qui concerne Purdue Pharma, l’entreprise a plaidé coupable de fausses déclarations et de fraude liées à la promotion de l’OxyContin à deux reprises, en 2007 et 2020. En 2010, elle a cessé de commercialiser l’OxyContin original pour le remplacer par une version potentiellement moins sujette aux abus. Purdue Pharma a annoncé en 2018 qu’elle cesserait de faire la promotion des opioïdes auprès des médecins. Confrontée à des milliers de poursuites civiles, l’entreprise a demandé une protection contre les créanciers en déposant le bilan en 2019. Le plan de faillite de Purdue Pharma, qui accordait une immunité juridique à la famille Sackler, a été désapprouvé par plusieurs procureurs généraux. La Cour de district des États-Unis a annulé l’ordonnance de la faillite en 2021, mais elle a été rétablie en mai de cette année par la 2e Cour d’appel des États-Unis. Le département de la Justice des États-Unis a demandé à la Cour suprême d’empêcher Purdue Pharma de poursuivre le règlement. Finalement, la Cour suprême a temporairement bloqué le règlement le 10 août.

La suite de cette affaire sera débattue en décembre. Ce dossier suscite l’intérêt car il met en lumière les campagnes de marketing derrière les produits opioïdes et l’implication de la famille Sackler. La série “Painkiller” offre un aperçu dramatisé de cette crise et met en lumière les conséquences dévastatrices des opioïdes sur de nombreuses vies.

Source : www.deseret.com

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Mikael Buxton

Mikaël Buxton est fan de séries télé depuis l’enfance. Il a lancé Series-80.net en 2003 pour partager sa passion des séries cultes des années 70, 80, 90 et début 2000. Aujourd’hui, il continue de faire vivre ces souvenirs en écrivant sur leurs retours, reboots, et secrets de tournage.