Netflix dénonce les Sackler et leur vague mortelle d’opioïdes

Cultes : un nouvel affrontement contre la famille Sackler dans la série Painkiller
La tragique histoire de la famille Sackler
Painkiller, la série limitée dirigée par Peter Berg et créée par Micah Fitzerman-Blue et Noah Harpster, dénonce courageusement l’empire des Sackler. Avec Purdue Pharma, leur société pharmaceutique, ils ont activement promu un opioïde hautement addictif, l’Oxycontin, qui a entrainé des centaines de milliers de décès par surdose et détruit de nombreuses vies. La série met en lumière les mensonges mortels qui prétendent que l’Oxycontin n’est pas très addictif et que les médecins sont obligés, sur le plan professionnel, de prescrire les doses les plus élevées possibles.
Les différentes œuvres qui s’attaquent à la famille Sackler
Painkiller n’est pas la première œuvre à dénoncer les agissements de la famille Sackler. En 2021, la série Dopesick basée sur le livre de Beth Macy a également mis en lumière cette triste réalité. Quant au documentaire All the Beauty and the Bloodshed sorti en 2022, il raconte l’histoire de Nan Goldin, une légende de l’art à Manhattan et ancienne toxicomane, qui a mené une lutte acharnée pour que les musées les plus prestigieux retirent le nom Sackler de leurs galeries.
Le ton de la série Painkiller
La série Painkiller est une œuvre puissante et en colère qui suscite l’indignation. Sa structure, avec des scènes croisées entre différents personnages, son rythme effréné et le contraste violent entre les soirées marketing festives de Purdue et l’inexorable descente aux enfers d’un ouvrier (joué par Taylor Kitsch) en proie au manque d’oxycontin, permettent de mettre en évidence la réalité de l’addiction aux opioïdes.
La série met en lumière les différents protagonistes
Painkiller, comme Dopesick, se base sur des événements réels et les raconte à travers plusieurs protagonistes. Le personnage d’Edie Flowers, interprété avec dégoût par Uzo Aduba, est une enquêtrice du bureau du Procureur des États-Unis et devient ainsi la narratrice. Elle réalise à quel point les milliards de dollars des grandes entreprises peuvent influencer les décisions. Shannon, jouée par West Duchovny, est l’une des barbies recrutées par une poupée encore plus maléfique (interprétée par Dina Shihabi) pour ne poser aucune question. Glenn, joué par Taylor Kitsch, représente la destruction des familles due à la dépendance à l’Oxycontin. C’est un ouvrier blessé au travail qui sombre peu à peu dans une dépendance totale et constante. Painkiller montre une compréhension aigüe de l’addiction, de la façon dont elle engloutit tout sur son passage, et rappelle que les toxicomanes ne sont qu’à une rechute près de la fin.
Un réalisme poignant
Chaque épisode de Painkiller commence par un avertissement indiquant que la série est basée sur des faits réels mais romancée pour des raisons dramatiques. Ces messages sont délivrés par des proches de personnes qui sont tombées dans la dépendance à l’Oxycontin et n’ont pas survécu. C’est un puissant moyen utilisé par Peter Berg pour montrer le désastre humain provoqué par ce produit mortel et le plan marketing des Sackler. Berg nous demande de regarder cette réalité en face et de ne pas détourner le regard.
Quelques faiblesses
Bien que puissante, Painkiller a parfois des métaphores maladroites, notamment concernant les alarmes incendie dans la maison de Richard Sackler. De plus, la série revient régulièrement au sujet de la visite du fantôme de l’oncle d’Arthur (interprété par Clark Gregg), qui peut sembler déconnecté du reste de la série. La famille Sackler n’est pas non plus assez approfondie, comme cela était le cas dans Dopesick. Peut-être est-il simplement difficile de dramatiser de manière efficace une telle avidité banale et bornée.
Une série nécessaire
Malgré ses imperfections, Painkiller est une œuvre poignante qui met en lumière l’ampleur de la crise de santé publique provoquée par la famille Sackler. Les images d’archives mélangées avec les scènes de la série nous rappellent que le bilan des victimes de l’Oxycontin dépasse celui de Jim Jones, l’un des leaders de culte les plus notoires. Painkiller, tout comme les œuvres qui l’ont précédée, est un appel à prendre conscience de cette réalité tragique qui mérite d’être rappelée encore et encore.
Source : www.rollingstone.com
