Mike Epps passe à autre chose dans “Ready to Sell Out”

Mike Epps : un comédien charmeur et controversé
Sur scène, Mike Epps incarne de manière convaincante ce filou qui sait charmer son chemin hors des ennuis. Parfois, son charisme est une béquille. Son écriture peut dériver, surtout au début de cette heure où il semble être à son plus générique, faisant des blagues sur la prison, les filles rondes et le changement de code. Ses moments les plus surprenants ne sont pas des punchlines, mais quand il dit quelque chose qui pourrait, dans d’autres mains, sembler sérieux, comme quand il mentionne qu’il prétend détester les blancs depuis 40 ans. Il y a aussi un côté plus sombre à lui que l’on aperçoit dans son stand-up mais qui mérite probablement une expression plus complète.
Son matériel personnel est où cela est le plus évident, surtout dans son engagement à creuser ses propres défauts, à célébrer les erreurs de la vie. Il fait cela avec une conviction inattendue, voire religieuse. Comment est-ce pour une défense comiquement contre-intuitive de faire la mauvaise chose : “Donnez à Dieu une chance de continuer à travailler avec vous.” Comme Dave Chappelle, Epps a l’habitude de bondir sur scène après une punchline et de frapper le microphone. Mais il y a quelque chose d’innocemment doux dans sa version, souvent accompagnée d’un large sourire.
Un imitateur fantastique
Il prend plus de poids dans ses démonstrations d’autres personnages. Habile à installer des scènes, il est un fantastique imitateur. Epps a été longtemps comparé à son compatriote du Midwest, Richard Pryor, qui a imprégné ses travaux les plus fins d’une vulnérabilité étonnamment humaine. Le fanfaronnage n’était là que pour préparer la blague, quelque chose que beaucoup de ses successeurs ont raté. Mais pas Epps. Vous pouvez entendre l’influence de Pryor de manière plus évidente dans une blague sur comment la cocaïne affecte votre vie sexuelle, quand il donne une voix à son pénis.
Un rôle manqué
Epps a battu plusieurs autres comédiens, dont Marlon Wayans, pour le rôle-titre dans un biopic très attendu sur Richard Pryor. C’était censé être le rôle qui propulserait Epps au prochain niveau de célébrité. Mais le réalisateur, Lee Daniels, a abandonné en 2016, et le film n’a jamais dépassé le stade du développement. Le fait même de son inexistence est devenu célèbre, sujet d’apparitions dans des talk-shows. Nous aurions pu avoir un aperçu de pourquoi le film s’est effondré après qu’Epps ait joué Pryor dans un court mais impressionnant caméo dans la série HBO “Winning Time”, où le personnage donne des conseils à la légende des Lakers, Magic Johnson, sur les périls de la célébrité. La veuve de Pryor a tweeté son désapprobation.
À 53 ans, Epps fait partie de la dernière génération qui croit en une stigmatisation contre la trahison, comme le suggère le titre du spectacle. Dans la blague de clôture, il fait référence à son ressentiment passé envers des comédiens comme Hart. Il y a un contexte non-dit ici : en 2018, Epps a déclaré que Hart n’était pas drôle. Cela lui a valu une réponse cinglante de Hart, déclenchant une querelle qui a couvé pendant des années.
Source : www.nytimes.com
