Netflix et Amazon cèdent à la pression en Inde

Netflix et Amazon cèdent à la pression en Inde

Comment les politiques indiennes influencent l’industrie du streaming

Il a été un réalisateur majeur avec une carrière de trois décennies. Anurag Kashyap, portait un regard critique sur l’Inde, sa nation, dans ses histoires sur les policiers corrompus, les ministres pourris et les hypocrisies de la classe moyenne indienne. Il a suscité des ovations debout à Cannes et reçu des courriers de fans de célèbres réalisateurs. Il a signé des contrats lucratifs avec Netflix et son contenu était très attendu. Mais en 2021, Kashyap a révélé que Netflix avait annulé son adaptation de “Maximum City”, un livre non-fiction sur l’intolérance hindoue et l’extrême espoir et désespoir à Mumbai.

Le Choc entre les géants du streaming et les politiques indiennes

L’arrivée de Netflix et Amazon Prime Video en Inde était censée dynamiser l’un des plus grands marchés du divertissement au monde. Pendant les quatre dernières années, cependant, l’industrie du streaming en Inde a été infiltrée par la politique du Premier ministre Narendra Modi et de son parti le Bharatiya Janata. Les deux géants de la diffusion en continu, Netflix et Prime Video, ont été contraints à une autocensure généralisée, affectant les réalisateurs et les spectateurs.

Une autocensure généralisée dans l’industrie de la diffusion en continu

Les responsables de Netflix et Prime Video Inde demandent des changements substantiels pour retravailler les intrigues politiques et éliminer les références à la religion qui pourraient offenser le camp hindou droit ou le BJP, selon les initiés de l’industrie. Les projets représentant les divisions politiques, religieuses ou de caste indiennes sont poliment refusés lorsqu’ils sont proposés, ou abandonnés en cours de développement. Même des séries et des films terminés ont été silencieusement abandonnés et retenus par Netflix et Prime Video.

Des pressions politiques et sociales

En 2019, des militants nationalistes hindous ont exercé des pressions sur Netflix et Prime Video, déclenchant une campagne de boycott et des plaintes contre ces plateformes pour des contenus dénigrant l’hindouisme et l’Inde. Puis en janvier 2021, les activistes hindous ont poussé les forces de l’ordre à enquêter fon Prime Video pour avoir moqué une divinité hindoue dans une série politique “Tandav”. Une exective de Prime Video Inde a été contrainte de se cacher brièvement et de remettre son passeport à la police, selon des sources.

La position officielle de l’Etat

Le gouvernement indien a instauré un système de régulation interne où les sociétés de diffusion en continu doivent résoudre les plaintes des téléspectateurs dans un délai de 15 jours, sous peine de sanctions réglementaires. L’objectif, selon un haut fonctionnaire du ministère de l’Information et de la Radiodiffusion, est principalement de limiter la profanité et le contenu sexuel, et non de faire pression sur la critique du gouvernement ou d’interdire la discussion des divisions sociales et religieuses de l’Inde.

L’avenir de l’industrie du streaming en Inde

Malgré l’autocensure, les plateformes de streaming estiment qu’il était trop risqué de défier le BJP et ses partisans dans ce marché stratégique. En réponse à des questions sur la pression politique, Prime Video Inde a salué les réglementations actuelles du streaming pour “permettre la créativité dans le contenu que nous créons”. Un porte-parole de Netflix a souligné le large éventail de films et de séries originaux “qui reflètent notre longue tradition de soutien à l’expression créative”.

Ils n’ont pas répondu à des projets spécifiques qu’ils auraient abandonnés.

Des réalisateurs de haut calibre comme Kashyap, 51 ans, incarnaient l’esprit indépendant de l’Inde et l’engouement initial pour la diffusion en continu avant que les politiques et la censure n’interviennent et ne freinent tout.AVORI QUELLE SUITE?FindObjectif plein d’espoir, pousse souvent à des flatteries.

Source : www.washingtonpost.com

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Mikael Buxton

Mikaël Buxton est fan de séries télé depuis l’enfance. Il a lancé Series-80.net en 2003 pour partager sa passion des séries cultes des années 70, 80, 90 et début 2000. Aujourd’hui, il continue de faire vivre ces souvenirs en écrivant sur leurs retours, reboots, et secrets de tournage.