Règne sans pitié de John Gotti dans la pègre

John Gotti, le patron de la famille criminelle Gambino, était célèbre dans les années 1980 grâce à ses costumes de créateurs, ses cheveux parfaitement coiffés et son arrogance sans retenue. Sa réputation de “Don antiadhésif”, acquitté à trois reprises lors de procès, l’avait rendu célèbre auprès des médias. Il était devenu une véritable célébrité nationale, avec un portrait d’Andy Warhol de lui en couverture du magazine Time, et des personnalités du show business se pressaient à ses côtés. Selon la série documentaire “Get Gotti” de Netflix, David Bowie, Anthony Quinn, Mickey Rourke, John Amos et Brooke Shields faisaient partie de ceux qui l’admiraient, cette dernière ayant même, selon une anecdote saisissante, donné son numéro de téléphone au parrain.
Un nouveau roi de la mafia
Sebastian Smith dans sa série documentaire en trois parties, commence par retracer l’ascension de Gotti au sein de la famille Gambino, jusqu’à devenir le chef en commanditant l’assassinat de Paul Castellano en plein jour, le 16 décembre 1985. Bien que tous soupçonnaient Gotti d’être le commanditaire de cet assassinat, il était difficile de le prouver pour le FBI et l’Organized Crime Task Force (OCTF).
Des preuves difficiles à obtenir
Après la mort de Castellano, l’OCTF décida de placer des micros dans le club Bergin Hunt and Fish, le quartier général officieux de Gotti. Malgré les difficultés rencontrées pour infiltrer ce club, les agents réussirent finalement à obtenir des enregistrements où Gotti mentionnait ses associés et discutait de ses activités criminelles. Ces enregistrements, ainsi qu’une accusation pour voie de fait déposée contre Gotti pour une altercation routière, représentèrent des informations cruciales pour l’inculper.
La chute de “The Teflon Don”
Mais Gotti était malin et s’en sortit grâce à son avocat, Bruce Cutler, qui réussit à discréditer les témoins et les informateurs. Il échappa ainsi aux accusations de meurtre, de jeu illégal, d’usure et de détournement de camions. Personne n’avait jamais réussi à déjouer un procès fédéral RICO, ce qui lui valut le surnom de “Don antiadhésif”. Mais sa notoriété attira l’attention des forces de l’ordre et lui causa de nombreux problèmes. La série documentaire décrit en détail les tentatives infructueuses du FBI et de l’OCTF pour l’arrêter.
Une fin inévitable
Finalement, en 1992, Gotti fut condamné grâce à des enregistrements secrets réalisés par le FBI et l’OCTF, ainsi qu’à la collaboration de son bras droit Sammy “The Bull” Gravano. Il devint évident que Gotti était un criminel violent et impitoyable, et non le héros glamour que la presse avait tenté de dépeindre. Cette série documentaire, bien que parfois trop complaisante envers Gotti, offre une perspective importante sur les efforts déployés par les enquêteurs et les procureurs pour rendre justice dans cette affaire.
Source : www.thedailybeast.com
