Critique de la Ferrari au LFF 2023 : Découvrez nos impressions

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Ferrari: le biopic d’Enzo Ferrari, une icône de la Formule 1 et de l’histoire de l’automobile réalisé par Michael Mann

Le réalisateur derrière le film

Mais qu’est-ce qui a poussé Michael Mann à s’attaquer à un biopic aussi conventionnel ? Ferrari est bien loin des thrillers criminels habituels du réalisateur. Cependant, il parvient à transformer l’histoire du magnat de l’automobile en une terrifiante histoire de vie ou de mort. À chaque fois qu’un pilote se lance sur la piste, on se demande s’il finira la course en vie et rentrera chez lui indemne.

La masculinité comme une prison

Au coeur de Ferrari se trouve le thème de la masculinité comme une cage dont il est impossible de s’échapper. Les rôles genrés des hommes sont explorés à travers le personnage stéréotypé de Ferrari, magnifiquement interprété par Adam Driver. Le début du film nous présente un homme impitoyable qui néglige tout le monde autour de lui, sauf un pilote en particulier. Il le recrute après qu’un autre pilote ait été gravement blessé lors d’un accident. Le monde des courses automobiles est sans pitié, rempli de requins et de businessmen. Ferrari est donc un film qui rappelle les conséquences des débuts de la course automobile.

La religion assimilée aux voitures

Le film aborde également la religion à travers le prisme des voitures, tout comme le football est un culte. Ferrari menace de déménager ses coureurs du siège de Modena à cause des mauvaises performances de l’équipe de football et de l’impact négatif que cela a sur leur moral. Même à l’église, les gens sont obsédés par les courses automobiles. Cette thématique est un territoire familier pour Michael Mann, qui utilise ici la religion pour maintenir Ferrari dans le passé, où il pleure la perte de son fils.

Une relation toxique

Le film explore également la relation toxique entre Ferrari et sa femme, jouée par Penelope Cruz. Les deux acteurs livrent des performances éblouissantes, tant dans les moments explosifs que dans les moments de calme. Adam Driver, quant à lui, incarne à merveille un homme proche de la soixantaine alors qu’il n’a que 39 ans. Ferrari domine tout le monde à l’écran, avec la même présence imposante que Cillian Murphy dans Peaky Blinders : inarrêtable, inébranlable. Michael Mann joue avec tous les éléments du film de manière délibérée et brillante.

Des courses authentiques et captivantes

Les scènes de course automobile du film sont impressionnantes et parmi les plus captivantes jamais réalisées. Michael Mann a trouvé une solution pour capter toute la fureur et la tension des courses en filmant les voitures elles-mêmes. Le design sonore joue un rôle clé dans cette immersion et rivalise avec l’authenticité des jeux de course. Les moteurs des voitures sont la clé de cette performance. Il n’y a jamais eu une telle authenticité dans un film sur les courses automobiles. Ferrari est donc bien plus qu’un simple film de compétition, il s’agit d’un hommage à l’héritage de Ferrari lui-même.

Un biopic complexe et constructif

Si Ferrari évite le format traditionnel des blockbusters en se concentrant sur quelques mois précédant un événement, il reste fidèle à l’esprit du réalisateur. Il s’agit d’un cinéma circulaire, avec une structure claire et une intention profonde de la part d’un cinéaste qui y a investi son âme. Le film évite de glorifier Ferrari et se présente plutôt comme une tragédie épique à l’ancienne. Les scènes les plus dévastatrices sont à la fois froides, cruelles et impitoyables. Michael Mann est l’un des meilleurs réalisateurs de tous les temps et Ferrari est à la hauteur de sa réputation.

En conclusion, Ferrari est bien plus qu’un simple biopic sur Enzo Ferrari. Il s’agit d’un film qui explore de manière complexe et constructive les thèmes de la masculinité, de la religion et des conséquences de la course automobile. De plus, les scènes de course sont d’une authenticité remarquable. Michael Mann livre ici une véritable œuvre d’art cinématographique.

Source : www.spoilertv.com

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Sylvain Métral

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