Sortie 2023 – Le Livre de Clarence au LFF : Un film à ne pas manquer

Sortie 2023 – Le Livre de Clarence au LFF : Un film à ne pas manquer

Jeymes Samuel est l’un des réalisateurs les plus excitants actuellement en activité, malgré ses défauts. Il semble être l’un des rares réalisateurs à pouvoir faire les films qu’il veut sans compromis. The Harder They Fall était un western mémorable et excitant, alors que The Book of Clarence est un épique biblique qui puise largement son inspiration dans La Vie de Brian des Monthy Python. Le film nous plonge dans la peau de Clarence, un homme futé mais malchanceux, interprété de façon magistrale par Lakeith Stanfield. Clarence élabore un plan pour s’enrichir, se libérer de ses dettes et offrir une vie meilleure à sa famille. Cependant, il risque de contrarier non seulement l’Empire romain, mais aussi le Messie naissant et ses apôtres, dont son frère Paul.

Un western révisionniste avec une touche de comédie

Le film emprunte des éléments de films tels que Gladiator et les mélange avec des éléments de comédie déjantée. À première vue, on pourrait penser qu’un tel mélange ne fonctionnerait pas aussi bien qu’il le fait. La direction stylisée de Samuel lui confère un flair presque inégalé, et le fait qu’il compose lui-même la bande originale crée une atmosphère instantanée. En tant que producteur de musique, on ne peut rien attendre de moins de lui, et l’esthétique qu’il apporte à The Book of Clarence brille vraiment et parvient à créer l’ambiance souhaitée.

Le film transpose les derniers jours du Christ à l’époque moderne, d’une manière qui contrebalance La Dernière Tentation du Christ de Scorsese. Il regorge de risques étranges et audacieux qui doivent être pris. Une grande partie de cette audace provient de l’énergie de la performance de Stanfield, qui est instantanément attachant. Le casting de soutien, composé notamment d’Omar Sy dans le rôle d’un gladiateur invincible fraîchement libéré et de Teyana Taylor dans le rôle de Marie-Madeleine, qui vient de battre Clarence lors d’une course de chars, est bien défini. L’énergie délirante de The Book of Clarence est perceptible dès le début et se maintient tout au long du film.

Une histoire chaotique avec une pointe d’humour

The Book of Clarence met du temps à trouver son rythme, et Samuel a dès le départ l’intention de voir grand. Il est conscient des connotations de réaliser un épique biblique en 2023, un genre qui a atteint son apogée dans les années 1950. Le fait de s’éloigner de l’histoire de Jésus au profit de celle de Clarence en fait un film comique et rythmé, où les projections grandioses de sa supercherie pour se faire passer pour le Messie sont rapidement démasquées par certains, mais pas par d’autres. L’équilibre entre les affrontements avec son frère Paul rend le film divertissant sans pour autant verser dans le discours moralisateur. On peut difficilement dire que le film n’est pas un peu égocentrique, car Samuel réalise enfin le film qu’il a toujours voulu faire. Il n’est pas surprenant que, malgré toute la comédie du film, il finisse par céder à une certaine sincérité dans la foi et la croyance.

Cela dit, l’humour est au rendez-vous et, incroyablement, cela ne nuit pas complètement aux moments finaux du film. Une scène marquante du premier acte est réutilisée dans le dernier acte, sans pour autant surprendre ou prendre une tournure inattendue. C’est là que The Book of Clarence ose être le plus conventionnel, ce qui est dommage. Cependant, ce que l’on perd en termes de conventionnalité est compensé par l’arrivée des Romains – James McAvoy, avec son eye-liner, dans le rôle de Ponce Pilate – et par le caméo de Benedict Cumberbatch, qui a fait hurler de rire toute la salle dans laquelle j’ai vu le film. Bien que cela aille assez loin pour miner la tension du dernier acte, cela donne au film une conclusion amusante.

Une performance remarquable, mais un manque de substance

Le film montre l’étendue du talent de Lakeith Stanfield en tant que star de cinéma, capable de captiver l’attention du public à volonté. Ce qui manque dans le film, c’est le style de Samuel qui prime sur le contenu. En partie, The Book of Clarence ressemble plus à un album visuel qu’à un film. Les mêmes critiques qui ont été adressées à The Harder They Fall pourraient également s’appliquer à The Book of Clarence. De plus, il n’y a pas de nouvelles blagues sur l’épopée biblique qui n’ont pas déjà été racontées. Vous aurez un sentiment de familiarité avec beaucoup d’entre elles. Cependant, il est difficile de ne pas admirer l’énergie que Samuel apporte à la caméra, et le film est assuré de plaire au public.

Source : www.spoilertv.com

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Mikael Buxton

Mikaël Buxton est fan de séries télé depuis l’enfance. Il a lancé Series-80.net en 2003 pour partager sa passion des séries cultes des années 70, 80, 90 et début 2000. Aujourd’hui, il continue de faire vivre ces souvenirs en écrivant sur leurs retours, reboots, et secrets de tournage.