Même les détracteurs sont conquis par la lutte.

La nouvelle série documentaire “Wrestlers” du réalisateur Greg Whiteley démontre à quel point les émotions qui se cachent derrière le catch sont bien réelles. Après avoir dirigé les populaires séries “Cheer” et “Last Chance U” sur Netflix, Whiteley est devenu célèbre pour sa manière de raconter les histoires des underdogs. Dans cette nouvelle série en sept parties, il nous plonge dans l’univers de l’Ohio Valley Wrestling (OVW) basée à Louisville, Kentucky, qui a donné naissance à des légendes telles que John Cena et Dave Bautista.
Un aperçu de l’OVW
Dirigée par l’ancienne légende de la WWE, Al Snow, l’OVW fait partie de l’infrastructure régionale du catch aux États-Unis, qui est en déclin. En 2021, Snow a vendu la majorité de ses parts à l’avocat et animateur de radio de Lexington, Kentucky, Matt Jones, et à son partenaire commercial Craig Greenberg. Les tempéraments et les styles relationnels de ces trois hommes sont très différents, ce qui suscite la méfiance des catcheurs de l’OVW envers leur nouveau patron en costume.
Des personnages riches et charismatiques
“Wrestlers” nous offre une galerie de personnages riches et charismatiques. “HollyHood Haley J”, jeune talent ambitieux, attire l’attention avec sa montée en flèche, au grand dam de certains de ses collègues qui peinent à percer, comme son partenaire Eric Darkstorm. Haley et sa mère, Amazing Maria, également catcheuse, jouent de leur relation difficile pour le public, mêlant habilement réalité et fiction. D’autres figures marquantes de l’OVW incluent le mentor équilibré Cash Flo et l’ancien catcheur de la WWE, Mahabali Shera.
Au-delà du catch
Les premiers épisodes de “Wrestlers” font tout pour éduquer les spectateurs novices, mais il n’est pas nécessaire de connaître le catch pour être captivé par cette série. Les personnages fascinants et les relations complexes suffisent à accrocher l’attention du public. Au-delà du catch, la série raconte une histoire de dévouement et de résilience face à la précarité économique à laquelle l’OVW et la région sont confrontées.
Les tensions entre Snow et Jones
Les tensions entre Snow et Jones sont particulièrement fascinantes. Leur conflit n’est pas motivé par la mauvaise volonté personnelle, mais plutôt par le déséquilibre de leur relation : Jones a l’argent dont Snow a besoin, ce qui crée une forme de ressentiment latent chez les membres de l’OVW qui travaillent dans ce milieu depuis des années.
Le personnage complexe de Jones
Jones est sans doute l’un des personnages les plus complexes de la série. Tour à tour, il est un héros quand il essaie de trouver des moyens de financer son travail en augmentant le nombre de spectateurs. Cependant, il exprime également des regrets sur la façon dont il a géré ses débuts à l’OVW. Il reconnaît que s’il avait communiqué de manière plus ouverte et moins autoritaire, la relation aurait pu être plus harmonieuse.
Le parcours émotionnel d’Haley
C’est Haley, avec ses bottes roses vives, qui vole la vedette de la série. La catcheuse de deuxième génération, aux cheveux blonds décolorés et aux longs cils, est le cœur émotionnel de l’émission. Les caméras de Whiteley la suivent lors de trajets contemplatifs en voiture et de moments tranquilles où elle fume en silence sur les escaliers, réfléchissant à sa relation difficile avec sa mère, au viol qu’elle a subi lorsqu’elle était enfant et à la partie d’elle-même qui est toujours en “mode survie”. Malgré leur passé tumultueux, Maria est déterminée à aider sa fille à réussir.
Le catch peut être chorégraphié, mais “Wrestlers” démontre à quel point le sang et les larmes que l’on voit sur le ring sont bien réels. La volonté d’Al Snow de créer une histoire et de montrer au public quelque chose qu’il n’a jamais vu auparavant témoigne également de son désir de trouver une certaine vérité dans les histoires qu’il raconte avec l’OVW. Espérons que les spectateurs de Netflix les entendront réellement et qu’ils aideront ces athlètes déterminés à atteindre la gloire (et la stabilité économique) qu’ils désirent ardemment.
Source : www.thedailybeast.com
